Des voix s’élèvent pour la création de «coronabonds»
Des voix s’élèvent parmi les Etats-membres de l’Union européenne pour soutenir la création de «coronabonds», soit l’émission conjointe de dettes spéciales pour la zone euro.
Un nouvel outil qui pourrait permettre de limiter l’impact de l’épidémie de coronavirus sur l’économie du bloc européen. Il s’ajouterait aux mesures de relance prises par la Banque centrale européenne (BCE). L’idée : il financerait tous les Etats de la zone euro en même temps puis émettrait des obligations achetées par la BCE. Tous les Etats membres pourraient utiliser cette ligne de crédit, rapidement si nécessaire. Il serait émis via le Mécanisme européen de stabilité (MES), créé au début de la décennie 2010, qui a pour avantage de disposer d’une puissance de feu dès qu’il est mobilisé.
Déjà vendredi dernier, interrogée à ce sujet sur la radio allemande Deutschlandfunk, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, déclarait : «Nous examinerons tout. Tout ce qui est utile dans cette crise sera utilisé». Samedi, le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a lui aussi soutenu que Bruxelles devait émettre des obligations pan-européennes pour aider ses pays membres à répondre à la crise sanitaire et économique.
Depuis, les appels au soutien de ce mécanisme du «coronabond» se sont multipliés. Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque Centrale européenne (BCE), a apporté son soutien à cette idée. Dans un entretien au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung ce week-end, elle estime que les lignes de crédit «corona» émises conjointement par les pays de la zone euro «pourraient aider». «C’est au bout du compte un problème européen». Elle soutient l’idée de passer par le MES, ou par la Banque d’investissement européenne, (BEI) pour délivrer des «coronabonds». «C’est aux politiques de décider», souligne-t-elle.
Un appel commun en faveur de coronabonds européens, émis samedi, a été signé par des économistes de plusieurs pays, tels que Agnès Bénassy-Quéré et Jean Pisani-Ferry. Eux aussi soutenu l’idée d’utiliser le MES pour ces coronabonds, soulignant que le MES a actuellement une capacité de prêt de 410 milliards d’euros, ce qui représente 3,4% de la production économique de la zone euro. Clemens Fuest, président de l’influent institut allemand Ifo, estime que les sommes devraient être réparties entre les Etats membres en fonction de la gravité des problèmes dans le secteur de la santé et de l’économie. «La ligne de crédit Covid permettrait aussi de stabiliser le secteur financier et d’élargir la marge de manœuvre de la BCE», indique l’Ifo dans un communiqué.
Plus d'articles du même thème
-
Un spécialiste britannique des drones maritimes se valorise 1 milliard de dollars
Kraken Technology a levé 175 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs européens, dont le français Supernova Invest. Il est actif sur le segment en forte croissance des drones de surface. -
Arctos frappe fort pour son premier fonds de GP solutions
Deux mois après son rachat par KKR, le fonds connu pour ses investissements dans le sport boucle une levée de 6,2 milliards de dollars pour sa stratégie de financement sur-mesure destinée aux gérants. Un montant largement supérieur à l’objectif initial de quatre milliards. -
Fraikin lance une titrisation record de 1,8 milliard d'euros
L'opération augmente de plus de 20 % la capacité de financement du loueur de véhicules et améliore ses conditions de refinancement.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
Contenu de nos partenaires
-
Sous perfusionAide à domicile : le modèle des prix administrés vacille
La Cour des comptes appelle à libéraliser les tarifs des opérateurs, qui n'y trouvent plus leur compte -
Tribune libreIA : à la question de l'emploi s'ajoute celle du partage de la valeur
La robotisation avait tordu cette courroie de transmission, l'IA menace de la rompre, en automatisant le segment qui restait le socle des salaires -
Antisémitisme et racisme : quelles sont les différences entre la loi Yadan et la loi d'Aurore Bergé ?
Présenté ce jeudi en Conseil des ministres, le nouveau texte porté par Aurore Bergé élargit la lutte contre la haine en renforçant peines et dispositifs quand la proposition Yadan, elle, visait un ciblage plus restreint et controversé