L’usurpation d’identité commence à mobiliser les sociétés cotées
La mésaventure de Vinci, victime en novembre 2016 d’un faux communiqué évoquant des erreurs comptables, a montré que les entreprises, fussent-elles dotées des moyens les plus importants, n’étaient pas immunisées contre les usurpations d’identité les plus brutales. Il n’est donc pas surprenant de voir certaines d’entre elles se prémunir de ce genre de risque.
EDF a lancé hier une expérimentation de l’authentification de ses communiqués de presse, fondée sur la technologie blockchain. Les communiqués de l’électricien français «disposent désormais d’une signature électronique unique permettant de prouver l’intégrité du fichier, l’identité de son auteur et sa date de publication», explique-t-il. Les destinataires des documents peuvent ainsi, après les avoir téléchargés, vérifier l’authenticité d’un document en le faisant «glisser» dans une fenêtre créée sur le site d’EDF, laquelle donne le verdict immédiatement.
Le service de presse du groupe affirme à L’Agefi que cette initiative n’est pas liée à la cyberattaque contre Vinci et que le sujet aurait été en réflexion quoi qu’il en soit. Il ne s’agit pour l’instant que d’une expérimentation à l’échelle du service de presse, insiste EDF, même si le service de la communication financière a été informé de la démarche. C’est la raison pour laquelle l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui avait lancé une enquête le lendemain de la manipulation dont Vinci a été victime, n’a pas été associée à la démarche de l’électricien. En cas d’expérience probante, «on pourra imaginer élargir le champ d’application de cet outil à la communication financière du groupe», explique en revanche EDF.
Il n’en demeure pas moins que le sujet préoccupe l’ensemble de la Place. Contactée par L’Agefi, la start-up française Keeex, qui fournit l’outil utilisé par EDF, indique être en contact avec plusieurs groupes du CAC 40. Des solutions sont en cours de construction. Si pour l’instant les initiatives restent individuelles, l’idée d’une plate-forme commune d’authentification pourrait faire son chemin, imagine la start-up.
L’AMF, dont l’enquête n’est pas encore close, avait émis des recommandations à destination des sociétés cotées en début d’année. Elle «se réjouit que les sociétés cotées commencent à appliquer certaines des bonnes pratiques qu’elle avait identifiées en février dernier, notamment sur le renforcement de la sécurité des transmissions électroniques», a déclaré l’autorité dans un e-mail à L’Agefi.
Plus d'articles du même thème
-
Alstom coupe à la hache dans ses objectifs annuels
En raison de difficultés rencontrées dans un programme de trains régionaux, le groupe a fortement réduit ses ambitions pour son exercice décalé 2026-2027. -
Euronext a trouvé le successeur de Stéphane Boujnah
L'homme fort de l'opérateur de marché avait annoncé son intention de quitter son poste en mai prochain. Il sera remplacé par David Knibbe qui est directeur général de l'assureur néerlandais NN Group depuis 2019. -
Un hedge fund quantitatif s’émancipe de Tudor avec 9 milliards de dollars
Un hedge fund adossé à la société d’investissement américaine Tudor s’apprête à prendre son indépendance avec 9 milliards de dollars d’actifs confiés par des investisseurs, rapporte le Financial Times. Cela constituerait le plus important spin-off de l’histoire du secteur. Xantium, hedge fund spécialisé dans la gestion quantitative qui emploie environ 300 personnes, doit officiellement quitter au premier semestre 2027 le groupe contrôlé par le milliardaire Paul Tudor Jones II, selon des sources proches du dossier. Il s’établira de manière indépendante avec des capitaux apportés par sa maison mère, sans que l’on sache encore si Tudor conservera une participation au capital. L’essentiel des 9 milliards de dollars gérés aujourd’hui par Xantium provient de capitaux externes.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 2 novembre ?
Le salon EquipHotel, rendez-vous des professionnels de l’hôtellerie, ouvre aujourd’hui ses portes jusqu’au 5 novembre, la maison Gervais Chardin, fondée en 1754, renaît avec six eaux de parfum, Arnaud Lallement signe un nouveau volume des « Recettes originales » chez Robert Laffont… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Les femmes sont-elles l’avenir du luxe ?
Pendant des décennies, le luxe ciblait la gent féminine sans vraiment lui donner la parole. Les femmes étaient les muses des campagnes publicitaires, les silhouettes des défilés, les destinataires supposées des sacs, des bijoux ou des parfums. Si elles inspiraient le récit, elles l’écrivaient rarement. Mais ça, c’était avant. -
Ni-ni« Ni-ni » : le vote blanc sera-t-il le grand vainqueur de la présidentielle ?
Face à la perspective d'un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour, les électeurs sociaux-démocrates et du bloc central envisagent massivement de refuser de choisir