Les sociétés ont restreint leurs dividendes
Après un deuxième trimestre de hausse, en particulier en France, le troisième trimestre ne s’est pas révélé être un bon cru pour les dividendes dans le monde. Le montant versé par les entreprises cotées a reculé de 4% par rapport à la même période de 2015, selon le baromètre Henderson Global Investors. Il atteint 281,7 milliards de dollars.
Il s’agit de la plus faible performance depuis le deuxième trimestre 2015, selon l’étude. Ce contrecoup est bien réel puisque, corrigés des effets de change et des dividendes extraordinaires, les dividendes sous-jacents ont également reculé, de 0,3%.
Les Etats-Unis, qui, rappelle le gestionnaire d’actifs, représentent environ 40% des versements mondiaux, ont pesé lourd dans cette évolution. Les dividendes y ont chuté de 7% (à 100,4 milliards de dollars), «en raison de la non-répétition des importants dividendes extraordinaires versés au cours du troisième trimestre 2015». Si les dividendes sous-jacents ont progressé de 3%, il s’agit «de la croissance la plus lente des dividendes américains depuis la crise financière», affirme Henderson. Au cours des derniers trimestres, la croissance des bénéfices des sociétés américaines a en effet ralenti du fait notamment de la vigueur du dollar et de la hausse de leur endettement – ce qui les a conduites à préserver les flux de trésorerie en modérant leur politique de distribution.
Les dividendes sous-jacents ont davantage souffert de la contre-performance des sociétés australiennes et des marchés émergents. En Australie, les dividendes sous-jacents ont chuté de 10,2% (quand les dividendes totaux ont reculé de 6,9%). Les difficultés des sociétés minières, sur fond de faiblesse des prix des matières premières, explique en grande partie le phénomène : BHP Billiton a par exemple réduit son dividende de plus de 2 milliards de dollars au troisième trimestre.
Sur les marchés émergents, le recul est également notable : -7,7% pour les dividendes sous-jacents et -7,1% pour les dividendes totaux. Ils sont particulièrement sous pression en Chine (respectivement -10,8% et -4,5%), où les banques, qui représentent 80% des dividendes locaux, cherchent à protéger leur bilan contre la hausse des créances douteuses.
En Europe, le Brexit n’a pas manqué de marquer de son empreinte la politique de distribution des entreprises britanniques. La chute de la livre et les craintes des conséquences du référendum ont eu un effet radical : les dividendes totaux ont dégringolé de 13,9% (à 26,3 milliards de dollars) et de 2,9% en sous-jacents.
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