La Banque de France vise un rebond de 5% du PIB en 2021
Après une chute d’activité au deuxième trimestre, puis un très net rebond de juin à septembre, l’économie française subit en cette fin d’année un nouveau choc négatif lié à la reprise de l’épidémie et aux mesures sanitaires, note la Banque de France dans ses projections macroéconomiques publiées lundi matin. Ce deuxième confinement, allégé fin novembre avec la réouverture des commerces, a un impact significatif, même si «globalement beaucoup moins marqué que celui du premier confinement tout en étant inégal selon les secteurs», a précisé son gouverneur, François Villeroy de Galhau, sur France Inter. Le PIB reculerait ainsi d’environ -9% sur l’ensemble de l’année 2020 (-11% en novembre et -8% en décembre selon les enquêtes mensuelles, -4% au quatrième trimestre 2020).
Début 2021, l’activité économique serait pénalisée par une consommation des ménages encore contrainte, avec une levée progressive des mesures sanitaires. Dans le scénario central, l’épidémie ne cesserait pas immédiatement et le déploiement généralisé de vaccins ne serait pleinement effectif que fin 2021. Dans ces conditions, le niveau d’activité de fin 2019 ne serait retrouvé qu’à mi-2022, et le rattrapage s’étalerait sur 2021 et 2022, avec une croissance du PIB autour de +5% sur chacune de ces deux années. En 2023, la croissance serait encore un peu supérieure à +2%, un rythme certes toujours élevé, mais moins inhabituel.
Plusieurs scenarios
L’incertitude autour de ce scénario central reste forte, «et nous avons donc choisi de ne publier que des prévisions arrondies, précise la Banque de France. Des hypothèses alternatives sur l’évolution de la pandémie amènent en outre à entourer cette projection d’un scénario favorable, dans lequel la situation sanitaire s’améliorerait nettement dès le début 2021, et d’un scénario ‘sévère’, dans lequel le virus circulerait encore avec un haut niveau de virulence en France et dans le monde en 2021 et 2022.» En 2021, en particulier, le PIB connaîtrait un rebond plus fort dans le scénario favorable (+7%), et ne se redresserait au contraire pas dans le scénario «sévère» (-1%).
En comparaison, la zone euro évoluerait, dans le scénario central, de façon assez similaire mais avec une chute du PIB plus modérée en 2020 (autour de -7%), compensée par un rebond plus faible en 2021 comme en 2022 (environ +4%).
Faible baisse du déficit public
Grâce à l’amortisseur des finances publiques, le pouvoir d’achat des ménages serait en moyenne préservé en 2020 et en 2021 malgré la récession. Le taux d’épargne, après son niveau record de 2020 (22%), resterait encore élevé en 2021 dans le scénario central. De son côté, l’investissement des entreprises, après une forte chute en 2020 (-10%), rebondirait nettement en 2021.
Même si l’ampleur des dispositifs d’activité partielle a permis de limiter à court terme la détérioration du marché du travail, celle-ci interviendrait, avec retard, sur les trimestres à venir et le taux de chômage atteindrait un pic proche de 11% au premier semestre 2021. Mais il refluerait ensuite vers 9% à fin 2022. Après s’être progressivement affaiblie depuis le début de l’année, l’inflation totale (IPCH) s’établirait, en moyenne annuelle, à +0,5% en 2020. L’inflation se redresserait ensuite très progressivement pour se situer légèrement au-dessus de +1% en fin d’année 2023.
Le déficit public ne reculerait que progressivement après sa forte hausse en 2020. En l’absence de mesures nouvelles de consolidation budgétaire, il serait toujours proche de 4% du PIB en 2023, et la dette publique approcherait 120% du PIB à cet horizon.
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