Les entreprises se font payer pour emprunter sur le marché
Après Deutsche Bahn en juillet, les souches à 3 ans et 2 ans émises hier par Sanofi et Henkel ont chacune été placées à un rendement négatif de -0,05%.
Publié le
Patrick Aussannaire
Le groupe pharmaceutique Sanofi a levé 1 milliard d’euros à 3 ans en concédant un coupon de -0,05%.
-
Crédit Sanofi.
Le marché primaire en euros des obligations d’entreprises succombe à son tour aux taux négatifs. Au cours d’une journée très active hier, Sanofi et Henkel ont tous deux réussi à obtenir des rendements négatifs, emboîtant le pas à Deutsche Bahn qui avait été la première entreprise à s’aventurer sur ce territoire en juillet. Dans le cadre d’une émission multitranche d’un montant total de 3 milliards d’euros, Sanofi a levé 1 milliard à 3 ans en concédant un coupon de -0,05%. Le groupe pharmaceutique avait obtenu un coupon nul au mois de mars sur une émission de titres de maturité identique. Des conditions qu’il a cette fois réussi à obtenir sur sa nouvelle souche à 5 ans. De son côté, Henkel a obtenu le même rendement de -0,05% que Sanofi sur sa souche à 2 ans, et un rendement nul sur celle à 5 ans en euros.
Ce sont ainsi désormais trois sociétés qui ont émis en euros à rendement négatif et six à rendement nul. Un investisseur gardant les titres jusqu'à leur échéance est donc assuré de perdre de l’argent. «C’est d’autant plus remarquable que les marchés ne s’attendaient pas à ces niveaux», estime SG CIB. Les spreads sont ainsi ressortis à des niveaux inférieurs de 7 à 10 pb aux objectifs initiaux de Sanofi, épaulé par BNP Paribas, Morgan Stanley, Crédit Agricole CIB, Deutsche Bank, MUFG et Natixis, et de Henkel, aidé par BNP Paribas, Deutsche Bank et JPMorgan. Ces titres ont aussi bénéficié de notations solides, de «A1/AA» et «A2/A».
«Même s’il existe un acheteur aux poches profondes actif sur le marché (la BCE), il est peu probable que les taux négatifs deviennent le nouveau paradigme sur le marché primaire corporate», tempère néanmoins SG CIB. Sur le marché secondaire, 88 milliards d’euros d’obligations non financières en euros cotent à des rendements négatifs, 553 milliards à des niveaux inférieurs à 0,5% et 755 milliards à moins de 1%, contre 712 milliards au mois de juillet, selon les estimations de SG CIB. Le stock de titres dont les niveaux de rendement sont supérieurs à 1% est quant à lui limité à seulement 148 milliards d’euros.
Sur le segment de la dette corporate investment grade, le rendement moyen va de 0,23% pour les maturités comprises entre 1 à 3 ans à 1,28% pour celles supérieures à 10 ans. «Malgré les événements d’hier, le montant d’obligations à rendements négatifs ne devrait pas atteindre des niveaux importants et encore moins sur le marché primaire», estime cependant SG CIB.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
En attendant les méga-IPO de SpaceX puis d’Anthropic et d’OpenAI, Alphabet a annoncé une levée inédite de 80 milliards de dollars, pour profiter de l'élan retrouvé des valeurs liées à l’IA. Au risque d’exacerber une concentration déjà historique.
La vague d’émissions obligataires d’entreprises de la tech ne faiblit pas. Outre les hyperscalers, des sociétés comme SAP ou RELX Group, dans la tourmente en début d’année à cause des craintes de disruption liées à l’IA, inondent également le marché.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
Le Parlement européen et les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur un texte ouvrant la voie aux centres de rétention à l’étranger et à un allongement des périodes maximales de rétention
Depuis le début de la guerre en Iran, Donald Trump et Benjamin Netanyahu affichent une alliance sans faille. Mais les ambitions contraires des deux dirigeants, l'impopularité croissante d'Israël et la personnalité du Premier ministre fragilisent cette relation spéciale
Les (nombreux) prétendants à l’Elysée avancent à tâtons, méfiants, prudents. Trop de coups à prendre. A un an de la présidentielle, beaucoup d’intentions (lorsqu’il y en a), sans oser en dire trop...