L’Europe rechigne à harmoniser les mesures anti-évitement fiscal
Après plusieurs heures de discussion, Jeroen Dijsselbloem a dû constater que les 28 ministres des Finances n’étaient pas mûrs pour signer la paix fiscale. Le président de l’Ecofin s’est toutefois dit «confiant» qu’un compromis serait trouvé en juin sur la directive sur l’évitement fiscal (Atad). La crainte des pays à faible fiscalité de se voir privés de recettes qu’ils jugent légitimes a été l’un des principaux obstacles à une conclusion. Malte, Chypre, le Luxembourg et l’Irlande, en particulier, ont des réserves sur deux des mesures proposées qui s’attaquent au transfert de base fiscale vers des pays à basse fiscalité via des filiales. Le régime des «sociétés étrangères contrôlées» et la clause dite «switch over», qui concernent respectivement les bénéfices et les dividendes ou revenus financiers, autorisent le rapatriement de cette base taxable dès lors que le taux d’imposition du pays de la filiale est inférieur de 40% à celui de la maison mère.
Pour faire droit à ces demandes, la présidence néerlandaise a proposé de faire porter sur l’administration fiscale de la maison mère la charge de la preuve que cette base moins taxée ne résulte pas d’une «activité économique propre» et a bien été engendrée pour des «raisons commerciales valides». Les Etats membres sont également invités à développer des lignes directrices communes sur ces notions, instituant une sorte de clause de sauvegarde de la liberté d’établissement. Mais certains pays auraient aimé aller plus loin et limiter la possibilité de rapatriement de la base en cas d’«entités totalement artificielles».
Un changement auquel la présidence se refuse. «Nous avons besoin d’un accord efficace, pas juste d’un accord», a expliqué Jeroen Dijsselbloem, qui a dû résister aux tentatives d’élaguer le texte. Le Royaume-Uni,déplore la faiblesse des dispositions sur les montages hybrides qui permettent une double non-taxation. «On ne peut pas se contenter de quatre lignes dans la directive européenne quand la recommandation de l’OCDE fait plus de 400 pages», commentait une source diplomatique mercredi. La Commission s’est engagée à faire une proposition législative spécifique en octobre pour les montages impliquant des pays tiers, sur la base des recommandations de l’OCDE. Les négociations vont se poursuivre d’ici à la prochaine réunion des ministres, le 17 juin.
Plus d'articles du même thème
-
Les sénateurs musclent la couverture des catastrophes naturelles par de nouvelles dispositions
La commission des finances du Sénat adopte une version modifiée de la proposition de loi du député Fabrice Barusseau visant à reconnaître une politique nationale d'adaptation au changement climatique et à adapter les mécanismes d'assurance. Une revalorisation de la surprime catastrophes naturelles automatique et régulière est entre autres actée. -
Le plan européen NGEU arrive à son terme
Bruxelles conclura d’ici à fin décembre les versements de la Facilité pour la reprise et la résilience, pour un total de 573 milliards d’euros injectés sous forme de subventions et de prêts dans l’économie de l’Union européenne (UE) depuis 2021. Les Etats membres avaient jusqu’à fin septembre pour faire leurs dernières demandes. -
Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Alors que la mobilisation nationale contre la vie chère organisée samedi 17 octobre serait accompagnée de 3.000 dégradations de commerces de proximité dans toute la France, banquiers et assureurs ont été pressés par le ministre du Commerce d’enclencher des plans d’aide d’urgence. -
Iberdrola signe le tout premier crédit syndiqué intégralement hébergé sur la blockchain
Le prêt de 150 millions d’euros est accordé par BBVA et Santander. Tout son cycle de vie est géré sur une plateforme développée par ioBuilders. -
La croissance chinoise retrouve des couleurs au troisième trimestre
Le PIB chinois a progressé de 4,5%, revenant à l’objectif cible des autorités qui ont aussi pris des mesures de soutien à l’économie. Mais les déséquilibres internes persistent : la demande intérieure reste très faible, alors que les exportations progressent encore. Pour le moment. -
Le marché du crédit dévisse à son tour
Les obligations d’entreprises avaient jusque-là résisté mais l’envolée des taux et les inquiétudes sur l’IA ont provoqué un fort écartement des spreads de crédit, à leur plus haut de l’année. Le marché primaire tourne au ralenti.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- Jacques-Aurélien Marcireau lance Stilgar AM et son premier fonds sur la data
- BlackRock plaide pour un nouveau type de financement dans l'IA
- Scor Investment Partners veut ouvrir son expertise de titrisation aux investisseurs institutionnels
- AllianzGI domine la collecte des fonds français au troisième trimestre
- Amundi renforce son offre d’ETF thématiques
Contenu de nos partenaires
-
De premiers couvre-feux « localisés » annoncés à Paris, Nice, Lyon et Lille après les violences
Après la prise de parole du Premier ministre dans l’après-midi, des couvre-feux sont instaurés dans plusieurs villes dont Paris, Nice, Lille et Lyon dès ce lundi soir -
Violences du 17 octobre : « L’ultragauche a allumé l’incendie, les jeunes des banlieues ont pris le relais »
Depuis les violences du 17 octobre, Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et Laurent Nuñez pointent la responsabilité de « groupuscules d'ultragauche ». Mais que recouvre vraiment ce terme ? -
« Une convergence entre l‘extrême gauche et les racailles »: Bruno Retailleau fait le lien entre l’immigration et les violences du 17 octobre
« Il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qui s’est passé dimanche. Oui, je le dis et je l’affirme », a martelé lundi Bruno Retailleau lors d’une conférence de presse sur le thème « rétablir l’ordre », convoquée au lendemain d’un week-end de violences urbaines. « Ce qui s’est passé hier, c’est une convergence entre l‘extrême gauche et les racailles, les délinquants venant de banlieue », a-t-il ajouté, en assurant se baser sur « les remontées d’interpellations ».