La Banque d’Angleterre se prépare à l’hypothèse Brexit
Accusé par les uns de répéter les arguments pro-européens et pressé par les autres de souligner les dangers d’un Brexit, Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, s’est retrouvé hier face à des parlementaires particulièrement pugnaces lors de son audition devant le comité du Trésor. Le canadien, interrogé sur la position de la BoE concernant les coûts et bénéfices de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, a dû défendre l’indépendance de la banque centrale face au gouvernement et a souligné l’absence de prise de position sur le vote de la part de l’institution.
S’il n’a pas détaillé les mesures envisagées par la Banque d’Angleterre pour assurer la stabilité de l’économie en cas de Brexit, l’institution a annoncé qu’elle proposerait trois opérations de refinancement supplémentaires autour du référendum fixé le 23 juin afin d’assurer de la liquidité aux banques. Ces injections illimitées se tiendront les 14, 21 et 28 juin. Mark Carney s’est de son côté montré confiant en la capacité de la Banque d’Angleterre à remplir ses objectifs quelle que soit l’issue du référendum.
Mais à l’instar du lobby financier de la City, TheCityUK, qui publie ce matin «A practitioner’s guide to Brexit», son propre rapport opposé à la sortie, Mark Carney a maintenu l’appréciation globalement positive de la BoE sur l’appartenance à l’Union et souligné les risques d’une sortie, pour la stabilité financière comme pour l’emploi. «L’appartenance à l’UE renforce le dynamisme de l’économie britannique», a-t-il ainsi écrit dans sa lettre aux parlementaires, même si l’ouverture économique et financière qui en résulte la rend «plus exposée aux chocs extérieurs.» Sur les dangers d’un maintien dans l’UE, le gouverneur a précisé que «les principaux risques sont liés à l’inachèvement de l’union monétaire.»
Si Mark Carney a rappelé que la Banque d’Angleterre se refusait à mesurer les effets d’une sortie de l’UE, il a néanmoins développé en longueur plusieurs risques. Interrogé sur le départ de certaines institutions financières de Londres en cas de Brexit, «la question ne se pose pas», a-t-il répondu, évoquant sans les nommer plusieurs entreprises ayant préparé des plans de relocalisation. Il s’est également opposé à la vision d’une dérégulation en cas de sortie de l’UE, rappelant que les partenaires intégrés au marché unique doivent en appliquer les règles sans pouvoir les influencer. «Nous avons une influence substantielle sur la régulation européenne», a-t-il rappelé.
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