Le fonds Ciam élargit son champ d’investissement
Après avoir bloqué, avec l’Adam, l’OPA de Fosun et Ardian sur Club Med, Ciam (pour Charity Investment Asset Management) a élargi son champ d’investissement. Jusqu’à mi-2013, le fonds cofondé en 2010 par Catherine Berjal et Anne-Sophie d’Andlau n’investissait que dans des sociétés impliquées dans des fusions-acquisitions américaines ou européennes d’au moins 500 millions de dollars, et uniquement une fois celles-ci annoncées, en jouant sur l’écart avec le prix proposé à l’achat.
Le hedge fund a regagné des marges de manœuvre dans sa gestion quand le fonds de pension hollandais APG qui l’avait «incubé» en 2011 est sorti (comme prévu), en deux étapes entre juillet 2013 et février 2014.
Désormais, le fonds renommé Ciam Merger Opportunities peut investir également en amont, à partir d’une base de données propriétaire sur quinze ans de transactions (réussies ou non) afin d’évaluer les scénarios possibles à l’avenir. «Ces données nous permettent d’affiner notre sélection sur des cibles possibles, non pas sur une base statistique, mais sur des critères fondamentaux bien définis sur les entreprises. L’idée est celle d’une approche plus activiste, autour de la thématique M&A pour l’instant, mais aussi de la gouvernance à terme», explique Anne-Sophie d’Andlau, pour qui, par exemple, le «squeeze-out» de Boursorama organisé par la Société Générale aurait normalement dû se faire à plus de 12 euros par action…
Le fonds peut aussi investir après une opération, lorsque l’équipe d’investissement identifie des facteurs de création de valeur: chute anormale du cours, comme après l’échec de l’offre d’UPS sur TNT début 2013; potentiel de synergies dans la nouvelle «entité combinée», après une fusion réussie; etc. La stratégie «event driven» a aujourd’hui pris le pas sur la stratégie de «merger arbitrage» pur, avec près de 80% de l’engagement sur une quinzaine de lignes. «Mais des contre-offres intéressantes pourraient faire remonter le quota sur les opérations annoncées dans les prochains mois», indique Anne-Sophie d’Andlau.
Le fonds est d’ailleurs resté dans Club Med après le rejet de son recours contre l’OPA afin de bénéficier de la surenchère par le consortium italien Global Resorts. En profitant de ses performances (11% nets depuis janvier) et d’un environnement M&A attractifs pour les investisseurs, l’équipe compte gérer près de 100 millions d’euros d’ici à mi-2015.
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