Crédit Agricole SA dépèce la Banque de financement et de trésorerie

le 10/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

BFT Gestion rejoint Amundi, où elle restera une société de plein exercice. CA CIB absorbe la salle des marchés et le financement aux collectivités

Filiale à 100% de Crédit Agricole SA, la Banque de financement et de trésorerie (BFT) va bientôt baisser le rideau. Sur le feu depuis plusieurs mois, le projet de scission de l’établissement vient d’être officialisé en interne.

La BFT exerce trois grandes activités. La principale est la gestion d’actifs, à travers une filiale dédiée, BFT Gestion, qui emploie 63 collaborateurs. Celle-ci affichait plus de 20 milliards d’euros d’encours à fin 2010 et a réalisé une bonne année malgré sa spécialisation sur les fonds monétaires: sa collecte de 2,2 milliards d’euros l’a classée au troisième rang en France sur le segment des OPVCM. BFT Gestion sera rattachée à Amundi, la filiale de gestion de Crédit Agricole SA, où elle gardera un statut de société de plein exercice.

Le deuxième métier, les prêts aux collectivités locales, rejoindra CA CIB, la filiale de banque de financement et d’investissement. L’activité pèse environ 10 milliards d’euros d’encours. CA CIB héritera aussi des activités de marché de l’établissement, dont le périmètre a été largement réduit depuis deux ans avec la baisse du compte propre. La structure juridique BFT Banque, qui porte ces deux derniers métiers, sera absorbée. Au total, CA CIB devrait reprendre 36 collaborateurs: 17 en charge des collectivités, 7 sur les marchés et 12 dans les fonctions supports.

La banque verte espère mener à bien ces transferts le 1er juillet et l’absorption de BFT Banque le 1er octobre. La communication financière du groupe devrait rester inchangée, car le pôle gestion agrège déjà les comptes d’Amundi et de BFT Gestion.

Pour Crédit Agricole SA, qui présentera le 17 mars son plan stratégique, le maintien en son sein d’un établissement autonome dont les métiers recouvrent ceux de ses grands pôles ne se justifiait plus. «Il ne s’agit pas d’une sanction vis-à-vis des équipes de la BFT et il n’y a pas de suppression de postes», indique un proche.

Reste que les salariés de la BFT, notamment la soixantaine employée dans les fonctions supports, s’interrogent sur leur capacité à se reclasser dans le groupe. Un plan de départ volontaire pourrait être ouvert. En outre, «la BFT versait des parts variables bien plus élevées, à fonction équivalente», ajoute un bon connaisseur de l’établissement. CASA aurait promis de garantir ce niveau de bonus au titre de l’exercice 2011.

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