Le Haut conseil des finances publiques valide la prévision de 1,5% de croissance en France
C’est un satisfecit que vient d’adresser le Haut conseil des finances publiques au gouvernement. A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, le HCFP présidé par Didier Migaud a estimé que la prévision de croissance de 1,5% établie par le gouvernement était «plausible» malgré la publication d’indicateurs français décevants en début d’année.
Cette prévision, constate le HCFP, est légèrement supérieure aux anticipations des différents instituts mondiaux qui font osciller la croissance française entre 1,3 et 1,4%. Mais, les enquêtes de conjoncture favorables et surtout la reprise de la croissance mondiale rendent cette hypothèse réalise. Ce dernier argument a d’ailleurs été confirmé dès mardi par le FMI.
Cette perspective de croissance a amené le gouvernement à prévoir pour l’année 2017 un déficit public sous la barre des 3%, à 2,8% cette année, selon le programme de stabilité des finances publiques présenté mercredi en conseil des ministres. Ce serait la première fois que la France respecterait le Pacte de stabilité européen depuis dix ans.
En pleine campagne présidentielle cette sortie a logiquement suscité des réactions du camp opposé au gouvernement. Pour Gilles Carrez, qui a largement contribué à l'élaboration du programme économique de François Fillon, le déficit en fin d’année 2017 sera plutôt «autour de 3,2-3,3%», en raison d’une surestimation des recettes, de dépenses non prises en compte et de sous-budgétisations récurrentes.
Plusieurs économistes on par ailleurs exprimé leurs doutes sur ces anticipations du gouvernement. La médiane des économistes interrogés par Reutersfait état d’un déficit à 3,1% du PIB cette année et un maintien à ce niveau en 2018. Mais ces prévisions sont très théoriques car la trajectoire des finances publiques des prochaines années dépendra largement des mesures prises par le futur exécutif issu des élections présidentielles et législatives cette année.
Concernant les prévisions d’inflation établies par Bercy (une hausse des prix de 1,2% en moyenne annuelle en 2017 et de 0,6% hors produits volatils et énergétiques), le HCFP les juge «raisonnables».
Enfin, pour les années 2018 à 2020, le HSFP félicite le gouvernement pour avoir revu ses prévisions 2018 et 2019 à la baisse d’un quart de point, de 1,5% en 2018 à 1,7% en 2020. Ajouté à l’inflation (1,1 % en 2018, 1,4 % en 2019 et de 1,5 % en 2020), les scénarios français constituent «une base raisonnable pour la construction de trajectoires de finances publiques», écrit le Haut conseil.
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