Les Etats-Unis s’engagent à réduire de 50% leurs émissions de CO2 en 2030
Les Etats-Unis visent un objectif de réduction de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2030 par rapport aux niveaux de 2005, a déclaré jeudi Joe Biden. Le président américain s’exprimait en ouverture d’un sommet virtuel sur le climat qu’il a organisé et qui verra des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement prendre la parole pendant deux jours.
Joe Bien, qui cherche à reprendre le flambeau de la lutte contre le changement climatique abandonnée par son prédécesseur Donald Trump, s’est déjà fixé pour but plus large de passer à une économie totalement décarbonée d’ici 2050. Des objectifs de réduction secteur par secteur - centrales électriques, automobile notamment - seront communiqués dans le courant de l’année, avaient auparavant précisé des responsables de son administration. Le plan d’investissement pour les infrastructures que Joe Biden a dévoilé fin mars prévoit notamment de consacrer 174 milliards de dollars (environ 150 milliards d’euros) pour développer le marché des véhicules électriques et de mobiliser des milliards de dollars en faveur des énergies renouvelables.
L’objectif de 50% à 52% de baisse des GES fixé par Washington représente une accélération par rapport aux promesse de l’administration Obama, qui tablait sur 26% à 28% de baisse à l’horizon 2025. ll vise aussi à convaincre d’autres grands pays pollueurs, comme l’Inde et la Chine, d’accroître leurs efforts de décarbonation de leurs économies. Ce ne sera pas une mince affaire, compte tenu de la défiance suscitée par le retrait américain de l’accord de Paris sous la présidence Trump, et par le risque qu’une future alternance politique au Congrès ou à la Maison-Blanche remette en cause ces objectifs.
La décroissance si rien n’est fait
Les nouveaux engagements des Etats-Unis, deuxième émetteur de CO2 au monde après la Chine, restent par ailleurs inférieurs à ceux d’autres régions. Ils équivalent à une baisse de 40% des émissions de GES par rapport à leur niveau de 1990. Avec le même point de départ, l’Union européenne a trouvé cette semaine un accord pour réduire ses émissions de 55%, et le Royaume-Uni vient de porter son objectif à 78%.
Si rien n’est fait pour endiguer le réchauffement climatique, l'économie mondiale pourrait perdre 18 points de produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2050, selon une étude publiée jeudi par le Swiss Re Institute. Avec une trajectoire respectant l’accord de Paris, soit un réchauffement de 2 degrés, la destruction de richesse serait de 4%. Dans le scénario sévère, la Chine perdrait 24% de son PIB, les Etats-Unis autour de 10%, l’Europe 11% avec des impacts allant du simple au double entre la Finlande (-6%) et la France (-13%).
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