Le Collège de l’AMF demande 10 millions d’euros d’amende contre EDF
Une commission des sanctions de l’AMF déconfinée et inédite ! Deux patrons du CAC 40, l’ancien et l’actuel dirigeant d’EDF, Henri Proglio et Jean-Bernard Lévy, étaient convoqués cet après-midi devant le gendarme boursier, comme responsables de l’information financière sur le projet de centrale nucléaire d’Hinkley Point. Le Collège de l’AMF demande une amende minimum de 10 millions d’euros à l’encontre d’EDF, de 50.000 euros pour Henri Proglio, et de 50.000 euros pour Jean-Bernard Lévy.
L’AMF reproche à EDF et à Henri Proglio d’avoir donné une fausse information au marché dans son communiqué de presse du 8 octobre 2014, en précisant que les accords de 2013 restent inchangés. Or, selon la poursuite, la garantie du Trésor britannique n’était plus la même, puisqu’en août 2014 le gouvernement anglais a ajouté deux conditions suspensives au déblocage de sa garantie : la mise en service de l’EPR de Flamanville 3, et la preuve qu’EDF a les fonds suffisants pour finir le projet. De plus, le Trésor britannique fixe le montant du capital contingent à 8 milliards de livres, au-delà de ce qu’anticipait EDF. Pour la défense, il n’y a pas de changement, puisque beaucoup d’éléments n’étaient pas décidés en 2013.
En outre, le gendarme boursier reproche à EDF et à Jean-Bernard Lévy de ne pas avoir communiqué dès que possible une information privilégiée. Seulement le 21 septembre 2015, EDF a précisé que le projet Hinkley Point serait financé sur ses fonds propres, et ferait l’objet d’une intégration globale dans des comptes et non d’une mise en équivalence. Or, cette information était précise dès le 22 juin selon le Collège, et dès le 29 juillet selon le rapporteur.
Toutefois, le rapporteur de la commission des sanctions a estimé qu’EDF avait un intérêt légitime à différer la communication de cette information, et écarte donc le manquement pour EDF et Jean-Bernard Lévy.
Plus d'articles du même thème
-
Bruxelles adopte la version révisée des normes ESRS
Avec l'objectif d'alléger le fardeau administratif de la mise en application de la directive CSRD pour les entreprises, la Commission européenne a enfin adopté la nouvelle version des normes de reporting sur la durabilité. -
Le régulateur européen des marchés financiers émet un rappel à l'ordre sur les marchés de prédictions
Face à l'essor des plateformes de paris comme Polymarket, l'Esma réaffirme le scope des contrats événementiels pouvant être qualifiés comme instruments financiers. -
La Banque Populaire de Chine franchit une étape dans l’internationalisation du renminbi
Pas à pas, la Chine s’insère dans les marchés financiers internationaux. Elle vient ainsi de prendre de nouvelles mesures de politique monétaire qui ouvrent l’usage de sa monnaie et alignent les pratiques de la PBoC sur celles des autres grandes banques centrales.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon