L’industrie se range derrière la BCE pour remplacer l’Eonia
Déjà pressentie, la disparition de l’Eonia se précise. L’avènement d’un nouveau taux d’intérêt de référence au jour le jour, calculé et administré par la Banque centrale européenne (BCE), devrait sonner son glas. C’est du moins ce qui ressort des réponses à la consultation lancée par la BCE sur les caractéristiques générales de ce nouveau taux, dont la publication doit être initiée d’ici 2020.
Dans une synthèse des 54 réponses de l’industrie financière, dont deux tiers de banques, la BCE note ainsi que les institutions ayant répondu à la consultation «s’attendent à ce que le nouveau taux de référence soit appliqué à l’ensemble des contrats et des valorisations faisant actuellement appel à l’Eonia». A terme, l’industrie «s’attend largement à ce que le nouveau taux de référence de la BCE remplace l’Eonia et devienne un étalon critique pour le marché».
La question du nom
D’ici là, de nombreuses questions restent à régler, à commencer par trouver un nom à ce nouveau taux, parfois surnommé EBOR, devant «refléter les coûts de financement au jour le jour d’une banque de la zone euro». Une question «importante» pour «familiariser les acteurs de marché» à cette nouvelle référence, estime l’industrie, qui souhaite la voir régler «dans un futur très proche». L’attention que commandent déjà de tels aspects montre que les banques ne croient pas au maintien de l’Eonia à moyen terme et souhaitent avancer rapidement dans la mise en place d’un taux basé sur des transactions réelles plutôt que sur des contributions volontaires d’un panel.
Le type de transactions à inclure dans le calcul du taux ne fait cependant pas encore l’unanimité, une large minorité des institutions ayant répondu souhaitant y voir inclure les certificats de dépôts et les billets de trésorerie à la maturité de 24 heures. Certains y voient une solution au risque que les transactions entre des banques et d’autres sociétés financières se tarissent davantage. L’heure de publication envisagée par la BCE, à 9h le lendemain des transactions prises en compte soit le moment où les bourses ouvrent en Europe, est par ailleurs jugée problématique par certains intervenants, notamment pour des transactions de dérivés et de repo.
La BCE devrait trancher ces différentes questions dans les semaines à venir et ouvrir d’ici avril une nouvelle consultation plus détaillée. Les discussions du groupe de travail sur les taux d’intérêt sans risque en zone euro se poursuivent en parallèle.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation britannique porte les premières traces du conflit au Moyen-Orient
L’indice des prix à la consommation britannique a progressé de 3,3% sur un an en mars, en raison de la flambée des prix des carburants, accélérant par rapport aux 3% enregistrés en février. Pas de quoi pousser la Banque d’Angleterre à agir dès avril, selon les économistes. -
Le FMI relativise les effets de la guerre pour la stabilité financière
Alors que les marchés ont jusqu’à présent absorbé le choc de manière relativement ordonnée, le rapport de stabilité financière globale (GFSR) du Fonds monétaire international tente d’explorer les scénarios possibles pour les économies développées et les pays émergents. -
La situation au Moyen-Orient complexifie les prises de décisions de la Fed
Les discussions tenues en mars par des gouverneurs de la Réserve fédérale montrent que la guerre en Iran peut servir d'argument aussi bien aux partisans de baisses de taux pour dynamiser le marché du travail qu'à ceux favorables à une hausse en cas de risque inflationniste.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- La faible volatilité des indices actions est une anomalie
Contenu de nos partenaires
-
RaccourciPas de plan « Grand âge » : ce patron qui refuse le fatalisme et l’immobilisme
En l’absence d’action de l'Etat, Guillaume Richard, PDG du groupe Oui Care, a lancé sa propre feuille de route -
C'est loin mais c'est beauGabriel Attal la joue « tradi » pour son entrée en campagne
Il veut tout casser, sauf les codes d'une entrée en campagne. Le leader de Renaissance assure vouloir prendre le temps avant de se déclarer à la présidentielle. « Il faut conserver une forme de sacralité », explique-t-il -
Mamma mia !En Italie, pas de miracle économique pour Meloni
Restée sous procédure européenne pour déficit excessif, fragilisée par une croissance atone et par la crise d’Ormuz, l’Italie voit se refermer les marges que la présidente du Conseil espérait utiliser avant les législatives de 2027