La SEC détaille ses réticences à l’introduction d’ETF sur le bitcoin
La commercialisation d’un ETF basé sur le bitcoin est repoussée aux calendes grecques outre-Atlantique. La Securities and Exchange Commission (SEC), qui a la main sur le processus d’autorisation des ETF, a exposé dans une lettre destinée à deux lobbys de l’industrie ses nombreuses réserves sur le sujet. Les problèmes de liquidité du bitcoin et sa forte volatilité laissent en particulier la SEC sceptique sur la capacité d’ETF ou de fonds communs de placement ouverts à répondre aux exigences de valorisation quotidienne des actifs et de rachats de parts. «Tant qu’aucune réponse satisfaisante ne peut être donnée aux questions soulevées, nous ne pensons pas qu’il soit approprié» de lancer le processus de commercialisation de fonds «investissant significativement dans les cryptomonnaies et produits liés», assène la directrice de l’investissement à la SEC, Dalia Blass, dans la lettre publiée jeudi.
Plus d’une dizaine de demandes d’autorisation ont été retirées au cours des dernières semaines face aux réticences de la SEC. Les sociétés à l’origine des ETF candidats espéraient pourtant que le régulateur se montre plus clément depuis l’introduction de contrats à terme sur le bitcoin sur le Cboe et le CME en décembre, ainsi qu’il l’avait indiqué lors du rejet d’une précédente demande en mars dernier. L’arrivée de Jay Clayton à la tête de la SEC peu après semble toutefois avoir changé la donne.
Parmi les points soulevés par l’autorité, la question de la liquidité offerte par les bitcoins est significative puisqu’elle renvoie à une nouvelle réglementation en place depuis janvier 2017 et qui restreint à 15% la part du portefeuille d’un ETF ou fonds mutuel ouvert investie dans des actifs illiquides. «Est-ce que l’un de ces produits ou cryptomonnaies pourrait être qualifié autrement qu’illiquide d’après la réglementation? Si oui, pourquoi?», interroge, sceptique, le régulateur. La SEC prévient par ailleurs qu’elle s’opposera à toute tentative de commercialisation d’un ETF sur le bitcoin qui ne serait pas préalablement approuvée, certains fonds pouvant se passer de cette autorisation préalable dans certains cas.
Les réserves de la SEC ne découragent toutefois pas Jeremy Senderowicz, l’un des avocats défendant l’une des demandes de commercialisation. «Cela montre qu’ils auront besoin de temps pour prendre en considération les réponses de l’industrie avant de changer d’avis», explique-t-il. «Cela offre une feuille de route pour parvenir à un oui», ajoute-t-il.
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