Younited Credit se rapproche du statut de licorne
Belle opération pour Younited Credit. La fintech française spécialisée dans le crédit annonce aujourd’hui une levée de fonds de 170 millions de dollars (144 millions d’euros), avec l’entrée de deux nouveaux investisseurs à son capital : Goldman Sachs Growth Equity et Bridgepoint. «Ce sont des investisseurs très puissants. Nous souhaitions faire rentrer au capital des investisseurs internationaux», explique à L’Agefi Charles Egly, patron et co-fondateur de Younited Credit. Les actionnaires historiques, dont Eurazeo, Bpifrance ou encore AG2R La Mondiale, ont également participé à l’opération. Il s’agit de la plus grosse levée de fonds réalisée par la fintech, sur un total 400 millions de dollars levés depuis son lancement. Selon des sources proches, la fintech était valorisée 850 millions de dollars en décembre, ce montant incluant la levée de fonds actuelle ainsi que son chiffre d’affaires. La fintech ne souhaite pas communiquer sur son niveau de valorisation à ce jour, mais elle frôlerait le statut de licorne atteint par seulement 15 start-up françaises, donc Ledger ou encore Doctolib.
Ces fonds lui permettront, en outre, de consolider sa présence dans les pays où elle est implantée, notamment en France mais aussi en Italie, Espagne, Allemagne et au Portugal. «Même si Younited grossit très fortement depuis ses débuts en 2012, en France nous avons une part de marché inférieure à 1%», précise son dirigeant. La fintech compte doubler son budget marketing l’an prochain, et réaliser des investissements stratégiques en data. Au quatrième trimestre, elle lancera la solution Younited Pay qui permettra aux e-marchands des paiements différés et étalés sur des périodes allant de 1 mois à 48 mois. «Le paiement étalé sera totalement régulé car sous la forme d’un crédit à la consommation, si bien que le marchand n’encourra aucun risque opérationnel ou réputationnel», explique le patron de la société.
Rentable en BtoC dans l’Hexagone
D’ici 2023, son activité BtoB, lancée en 2018, représentera 50% de ses revenus contre 30% cette année. Younited Pay devrait compter pour la moitié de ses revenus BtoB en 2023. Cette offre entrera en concurrence directe avec les offres agressives de Klarnaou encore de Paypal en France. La fintech est rentable sur son activité BtoC en France depuis 2019 et en Italie depuis la fin de l’année dernière. Les autres activité BtoC, en Espagne et en Allemagne, convergent vers la rentabilité. Younited Credit a réalisé un produit net bancaire (PNB) de 66 millions d’euros en 2020, contre 40 millions d’euros en 2019.
La fintech compte également améliorer sa solution baptisée Younited Coach, un service d’accompagnement financier personnalisé. «Nos clients et nos prospects vont nous donner leur historique bancaire et on va leur donner des conseils financiers», confie son patron. Par exemple, certains de ses clients ont des commissions bancaires régulières sur leur compte, la fintech fera en sorte de les orienter vers des acteurs bancaires qui proposent de la tenue de compte gratuit. Younited Credit a octroyé plus de 2,6 milliards d’euros depuis son lancement en 2012, ce qui représente un peu plus d’un demi-million de crédits. Younited ambitionne d’accorder 1,4 milliard d’euros de crédits cette année, contre 720 millions d’euros de production de crédit en 2019.
Younited Credit, qui compte aujourd’hui 440 collaborateurs, ambitionne de recruter plus de 200 personnes d’ici fin 2022.
Plus d'articles du même thème
-
Les tensions sur les taux reflètent la normalisation de l’économie
Les rendements des emprunts de long terme ont encore bondi mercredi dans le sillage du pétrole. Mais les récentes tensions traduisent aussi un environnement de croissance favorable. La stabilité des CDS montre, pour l’heure, la faible probabilité d’une crise de la dette, mais les trajectoires budgétaires sont surveillées comme le lait sur le feu. -
BPCE veut gagner en poids dans l’immobilier
Déjà campée sur de très solides positions dans le marché du crédit à l’habitat, la banque veut accompagner les Français dans l’ensemble de leurs parcours immobiliers. Elle entend aussi soutenir le marché et les acteurs du secteur. -
D.A.T.E., spécialiste des échangeurs thermiques, veut se coter sur Euronext Growth Paris
La société, qui propose des solutions dans les secteurs de la défense et des Deep Tech, se valorise 32 millions d’euros, avant une levée de 10 millions d’euros.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
Convergence des luttesViolences sexuelles : les nouveaux croisés de l’« enfantisme »
Récemment sorti de l’ombre, le mouvement, lié au néo-féminisme, façonne la « loi intégrale » contre les violences sexuelles. Enquête sur cette sphère qui associe « l'oppression des enfants » à « la domination masculine » -
Cassandre et PandoreLes modèles d'IA sont-ils si dangereux et incontrôlables ?
A l’heure où un jeune chercheur d'Anthropic sonne l’alerte sur le risque d’extinction lié à l’IA, les géants américains oscillent entre éthique et course effrénée à la tech la plus performante -
EditorialScandale du périscolaire à Paris : la condescendance glaciale d’Anne Hidalgo
Mercredi matin, sur France Inter, la dignité commandait de faire profil bas plutôt que de dénoncer vainement une « instrumentalisation de la douleur » des familles