Transferwise garde le cap de la rentabilité
Pour une fintech, Transferwise se porte bien. La société spécialisée dans le transfert d’argent à l’international a continué de croître malgré la «volatilité» liée à la pandémie. Dans un rapport financier publié mercredi, elle affiche un revenu annuel de 302,6 millions de livres sterling (330 millions d’euros) au 31 mars 2020, en hausse de 70% par rapport à l’année dernière. Transferwise a par ailleurs doublé son bénéfice net, qui atteint 21,3 millions de livres sterling (23,2 millions d’euros) contre 10,3 millions de livres sterling (11,2 millions) en 2019. Lancée en 2011, la fintech a généré des bénéfices dès 2017 où elle avait réalisé un bénéfice après impôts de 6,2 millions de livres sterling.
Dans son rapport annuel, la société ne détaille pas la source de ses revenus par secteur d’activité. «Au cours du dernier exercice financier, 52% de nos revenus ont été générés par nos activités européennes. L’Europe reste notre marché le plus important, et nous avons constaté une augmentation du nombre de personnes qui envoient de l’argent et de celles qui adoptent notre compte multi-devises. L’Asie-Pacifique-Chine (Apac) est la région qui connaît la plus forte croissance», explique à L’Agefi Kristo Kaarman, PDG et co-fondateur de TransferWise.
TransferWise a traité 42 milliards de livres sterling de transactions en devises au cours de l’année qui s’est terminée en mars, contre 27 milliards de livres sterling en 2019. L’entreprise, qui revendique 8 millions de clients, assure avoir constaté une «augmentation du nombre de personnes à la recherche d’alternatives numériques» sur son application.
Nouvelles fonctionnalités
Pendant la pandémie, elle a par ailleurs lancé un certain nombre de nouvelles fonctionnalités. «Nous avons lancé un compte de règlement avec la Banque centrale de Hongrie, entièrement construit à distance. Nous pouvons désormais effectuer des paiements en yuans chinois vers les portefeuilles d’Alipay», précise son patron. La fintech a également noué un partenariat bancaire avec la néobanque suisse, Neon.
Pour la fintech, le Covid-19 a accéléré une tendance qu’elle «anticipe déjà depuis plusieurs années» : le passage du physique au numérique. «C’est quelque chose dont nous avons l’habitude, donc nous ne sommes pas préoccupés par l’après-Covid. Construire une entreprise solide avec des réserves de trésorerie, financées par nos clients, nous met dans une position très favorable», estime Kristo Kaarman.
La société qui compte 2.200 employés est valorisée 5 milliards de dollars suite à un placement d’actions secondaire de 319 millions de dollars (270 millions d’euros) réalisé en juillet dernier. La société n’a pas levé de nouveaux fonds auprès d’investisseurs depuis 2017. Elle devrait s’introduire en bourse d’ici quelques années. Elle prévoit de proposer des produits d'épargne et d’investissement au Royaume-Uni dans les 12 mois à venir afin d’encourager davantage les clients à stocker de l’argent sur la plate-forme et à l’utiliser plus régulièrement.
En 2020, la fintech compte poursuivre son activité sur les transferts d’argent, «en donnant aux gens la possibilité d’envoyer de l’argent dans le monde entier de manière beaucoup moins chère, plus rapide et plus transparente», précise son patron. Elle continuera par ailleurs à développer son compte sans frontières pour répondre aux besoins des personnes qui vivent à l'étranger. «Aujourd’hui, nous faisons économiser à nos clients plus d’un milliard de livres sterling par an. Les banques tirent environ 200 milliards de revenus des paiements internationaux», ajoute-t-il.
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