Robinhood se dévoile pour son entrée à Wall Street
C’est l’une des introductions en Bourse les plus attendues de l’année. Jeudi dernier, le néo-broker américain Robinhood a déposé un document préliminaire à la Securities and Exchange Commission (SEC)en vue d’une introduction au Nasdaq. Le courtier prévoit de se coter sous le symbole HOOD. Le document ne précise ni la date de cotation ni la fourchette de prix d’introduction. Robinhood réservera entre 20% et 35% de ses actions à ses utilisateurs et à ses 2.100 salariés. Selon l’analyste de Bloomberg Intelligence David Ritter, Robinhood pourrait être valorisé jusqu'à 40 milliards de dollars.
Robinhood a réalisé un chiffre d’affaires de 959 millions de dollars en 2020, en hausse de 245% par rapport à l’année précédente. Le courtier revendique par ailleurs un profit net de 7,45 millions de dollars, contre une perte nette de 107 millions de dollars en 2019. 2021 ne fait pas exception : son chiffre d’affaires au premier trimestre s'élève à 522 millions de dollars, contre 128 millions de dollars à la même période l’an dernier.
Ses revenus, basés sur les transactions réalisées par ses utilisateurs en matière d’options, d’actions ou de cryptomonnaies ont augmenté de 324,8 millions de dollars au premier trimestre par rapport à l’exercice précédent. Robinhood gagne également de l’argent en vendant de l’information à des sociétés de trading haute fréquence. Il y a quelques mois, l’affaire GameStop a révélé le modèle de Robinhood, le payment for order flow, qui consiste à céder à un teneur de marché – comme des sociétés se livrant à du trading haute fréquence telle que Citadel – les ordres passés par les particuliers. Cette activité lui procurait en 2020 les trois quarts de ses revenus, selon le prospectus, et cette part a encore crû au premier trimestre.
Malgré la hausse de ses revenus, Robinhood a creusé ses pertes, de 53 millions de dollars à 1,44 milliard de dollars au premier trimestre de cette année par rapport à la même période l’année précédente. Cette perte comprend «un ajustement de la juste valeur de 1,5 milliard de dollars de nos obligations convertibles et obligations au titre des bons de souscription», précise Robinhood.
Fondée en 2013, la société déclare dans son document que sa mission est de «démocratiser la finance pour tous». Le courtier en ligne revendique 18 millions d’utilisateurs contre 7,2 millions il y a un an, qui détiennent 80 milliards de dollars d’actifs. Boosté par l’affaire GameStop et par la pandémie, Robinhood explique aussi la croissance de sa base clients par l’augmentation des volumes de transactions mais également par l’intérêt des utilisateurs pour les cryptomonnaies.
Lourdes amendes
L’annonce de son IPO intervient un jour après que la société a accepté de payer une amende de 70 millions de dollars à l’autorité de régulation financière Finra, pour avoir causé préjudice à «des millions de clients ayant reçu de l’entreprise des informations fausses ou trompeuses et à des millions de clients ayant été victimes de pannes systémiques en mars 2020». Robinhood fait également l’objet d’une cinquantaine de procès, dont une enquête de la SEC sur la manière dont le courtier a suspendu des opérations sur certains titres dans l’affaire Gamestop.
Avant son IPO, Robinhood a effectué de nombreuses levées de fonds, dont 363 millions de dollars en 2018 auprès de DST Global et 539 millions de dollars sous forme de capital-risque. Au cours des deux dernières années seulement, la société a récolté 680 millions de dollars, auprès notamment d’investisseurs privés, de Sequoia Capital et de D1 Capital Partners.
Plus d'articles du même thème
-
Mubadala mise sur le parc éolien offshore Hornsea 3
Le fonds souverain abou-dhabien investit aux côtés d'un consortium piloté par Apollo, qui comprend le fonds de pension anglais USS et la Caisse du Québec. -
Carmignac cesse son fonds actions sur la satisfaction des clients et des salariés
Le fonds fera l'objet d'une fusion-absorption le 15 juin. -
Banca Generali Private recrute une ex-Fidelity
Banca Generali Private a annoncé l’arrivée de Donatella Principe. L’intéressée vient de Fidelity où elle a passé dix ans, dernièrement comme stratégiste pour l’Europe du Sud.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Ukraine : au moins 24 morts à Kiev après une attaque russe massive
Kiev - Le bilan des bombardements russes massifs qui ont frappé Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi s’est alourdi à 24 morts dont trois enfants, ont annoncé tôt vendredi les services de secours, alors que se poursuivent les opérations de déblaiement d’un immeuble effondré. -
A Pékin, une ultime journée de discussions entre Trump et Xi
Pékin - Donald Trump et son homologue Xi Jinping mènent vendredi à Pékin une ultime journée de discussions pour assurer la détente recherchée lors d’un sommet où le président américain a dit avoir décroché une offre d’aide pour rouvrir le détroit d’Ormuz et la promesse d’une importante commande de Boeing. Après un déjeuner de travail avec M. Xi, M. Trump reprend l’avion en début d’après-midi au terme de deux jours de visite placés, malgré le faste et les amabilités, sous le signe des tensions globales et bilatérales. M. Trump repartira avec des paroles encourageantes de M. Xi sur la crise dans laquelle il est empêtré au Moyen-Orient, a-t-il dit selon un extrait d’un entretien accordé à la chaîne Fox News. M. Xi lui a déclaré «avec force» qu’il ne fournirait pas de matériel militaire à l’Iran, a-t-il indiqué. Quant au détroit d’Ormuz, «il a dit: +Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider», a ajouté M. Trump. Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. La Maison Blanche espère repartir avec un certain nombre d’accords, par exemple dans le domaine de l’agriculture, ou de promesses d’investissements chinois aux Etats-Unis. Selon le ministre américain des Finances, Scott Bessent, présent à Pékin, les deux pays ont discuté de la mise en place de garde-fous contre les risques de cyberattaques favorisées par l’intelligence artificielle. Danny KEMP et Laurent LOZANO © Agence France-Presse -
Royaume-Uni : potentiel concurrent de Keir Starmer, le ministre de la Santé démissionne
Wes Streeting, qui pourrait devenir un concurrent de Keir Starmer à la direction du Labour pour pouvoir ravir Downing Street, a annoncé sa démission du gouvernement, jeudi 14 mai