Natixis et BPCE s’appuient sur Gambit pour lancer leur robo-advisor
Nom de code : «Léa», pour «L’épargne active». C’est sous ce vocable que Natixis teste actuellement son premier robo-advisor dans le réseau des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne. Pour lancer ce robot d’allocation d’actifs en mai ou juin prochain, la banque de gros de BPCE a fait appel à la start-up belge Gambit, indiquent à L’Agefi plusieurs sources proches du dossier. Les parties concernées ne font pas de commentaires.
Ironie de l’histoire, Gambit a été racheté il y a quelques mois par BNP Paribas Asset Management… concurrent direct de la filiale de gestion d’actifs de Natixis. Cette dernière est l’un des deux porteurs du projet Léa, avec Natixis Assurances. «Les travaux avec Natixis ont débuté avant le rachat et Gambit a d’autres clients que le groupe BNP Paribas en France et en Europe, comme Keytrade en Belgique, ou encore Neuflize OBC et Pro BTP en France, explique l’une des sources. La société mène sa stratégie propre et il existe une muraille de Chine avec son nouvel actionnaire.»
Au sein de BNP Paribas, «Gambit va conserver une certaine autonomie», avait déjà assuré Jacques d’Estais, directeur général adjoint de la banque française, lors de la présentation des résultats annuels du groupe début février. Le robo-advisor va néanmoins jouer un rôle central dans l’approche client du groupe puisqu’il «va dérouler son offre dans les réseaux [de banque de détail] et la banque privée en Europe, à la fois en BtoB et en BtoBtoC», avait ajouté le dirigeant de BNP Paribas.
Pour Natixis et BPCE, Gambit développe aussi un outil d’aide à la décision pour les conseillers bancaires des réseaux. «C’est le cœur du projet Léa, pointe l’une des sources. Les clients finaux devront passer en agence pour en bénéficier. Il n’y aura pas d’accès direct en BtoC». Le robo-advisor permettra au conseiller bancaire de déterminer le profil d’investisseur de ses clients, en conformité avec les nouvelles exigences réglementaires de MIF 2. Il l’aidera ainsi à sélectionner des produits d’épargne compatibles avec leurs projets et leur appétit pour le risque. Dans un deuxième temps, les clients pourront mettre à jour leur profil et procéder à certaines décisions d’investissement depuis leur espace personnel en ligne.
Outre l’initiative Léa, Natixis prévoit d’allouer 450 millions d’euros à des projets digitaux d’ici 2020.
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