N26 rencontre des difficultés à fidéliser ses salariés
Comme toute start-up, il y a du turnover auprès de nos employés», admet Jérémie Rosselli, DG N26 France et Benelux. Il s’exprime alors qu’environ 300 salariés auraient quitté la néobanque allemande en un an, selon Finance Forward. Elle compterait 1.165 collaborateurs actuellement contre 1.500 en avril dernier, soit 20% d’effectifs en moins.
«Ce chiffre est une mauvaise équation. Nous sommes sur des cycles de travail et de projets où certains salariés partent après quelque temps pour monter leur start-up ou pour en rejoindre d’autres et nous recrutons pour remplacer ces personnes-là», explique Jérémie Rosseli. La fintech a recruté plus de 100 personnes depuis le début de l’année et compte en recruter 350 de plus d’ici fin juin, principalement sur les métiers bancaires, produits et innovation. «On aimerait pouvoir recruter plus vite. Nous recevons plus de 10.000 CV par mois», explique le dirigeant. Il y a quelques jours, la directrice des ressources humaines de l’entreprise, Diana Styles, a quitté ses fonctions après six mois d’exercice. Un membre du comité exécutif assure l’intérim en attendant le recrutement en cours d’une nouvelle DRH, selon nos informations.
A chaque marché, son lot de conséquences. A Berlin, où N26 compte la plupart de ses salariés, la fintech fait face à la concurrence d’acteurs comme Revolut, Vivid Money et Trade Republic. Pendant la pandémie, N26 avait annoncé en mai une réduction de 10% de son effectif de 90 personnes basé à New York, afin de «pérenniser l’entreprise en ces temps incertains», selon un porte-parole.
Sous-traitance dans le service clients
N26 confierait par ailleurs une partie de son service clients à des partenaires externes dans le cadre de sa stratégie 2020, ce qui aurait pour conséquence d’employer moins de monde en interne. Pour la partie service clients, et alors que la fintech explique avoir crû plus rapidement avec 2 millions de clients supplémentaires l’an dernier, la néobanque a fait appel «à des services extérieurs localement sur nos marchés les plus importants comme la France» précise Jérémie Rosseli.
Difficile de connaître la répartition des postes au sein de N26, pour comprendre les éventuels départs. Seul chiffre connu à ce jour : environ 400 salariés seraient dédiés à l’équipe produit. Un pôle souvent très demandé sur le marché. De même, entre 20 et 25% des profils viennent du secteur bancaire. «Notre structure se rapproche plus d’une société tech que d’une banque. Nous avons en proportion plus de développeurs et de personnes liées au produit», explique le DG France de N26. L’âge moyen chez N26 tourne autour de 30 ans, la fintech montant en compétence «chaque année».
L’an dernier, la tension est montée d’un cran entre les salariés et la direction. « La confiance dans la direction de N26, qui assure le bien-être de l’ensemble de la main-d’œuvre, est au plus bas », écrivaient cet été des salariés de la société dans une déclaration publique, se plaignant notamment d’une forte pression de travail, d’inégalités salariales et de contrats précaires. Depuis, un comité d’entreprise a été créé en Allemagne.
Fondée en 2013, la néobanque revendique 7 millions de clients et un volume de transactions de 5,5 milliards d’euros par mois l’an dernier. Valorisée 3,5 milliards de dollars, la société a accusé l’an dernier une perte nette d’environ 110 millions d’euros sur ses principaux marchés européens, en baisse de 33 % sur un an. La néobanque espère atteindre la rentabilité globale d’ici 2021 ou 2022.
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