La néobanque britannique vient d’obtenir une licence de la Financial Conduct Authority pour opérer en tant qu’institution de dépôts.
Publié le
Pauline Armandet
Monument vise un marché de 4,8 millions de prospects qui disposent de 250.000 à 5 millions de livres d’actifs liquides.
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La britannique Monument trace sa route. La néobanque, qui s’adresse à une clientèle fortunée, a annoncé mardi avoir obtenu une licence de la Financial Conduct Authority (FCA) pour opérer en tant qu’institution de dépôts. Il y a pile un an, elle avait reçu une «autorisation avec restriction» de la part des régulateurs britanniques, qui devait être levée après avoir obtenu des financements. Depuis, la banque a levé 40 millions de livres sterling et chercherait à en récolter 20 millions supplémentaires. Parmi ses investisseurs figurent notamment Eric Zinterhofer, partenaire fondateur du fonds d’investissement Searchlight Capital, ou encore Harry Handelsman, à l’origine de certains gros projets immobiliers à Londres.
Lancée en pleine pandémie, la néobanque britannique vise un marché de 4,8 millions de prospects qui disposent de 250.000 à 5 millions de livres d’actifs liquides. «Ce segment du marché est en train de se vider. Le rapport coût/revenu ne permet pas aux banques de premier plan de fournir les niveaux de service que les clients fortunés attendent et dont ils ont besoin», explique Mintoo Bhandari, fondateur et directeur général de Monument.
Avec sa licence en poche, la banque compte lancer d’ici la fin de l’année un service de prêts numériques, où ses clients pourront emprunter jusqu’à 3 millions de livres pour des investissements immobiliers en huit minutes. Elle s’apprête aussi à lancer des produits d’épargne. «Nous pensons être la première banque au Royaume-Uni à offrir des capacités simultanées de ‘vidéo et de co-navigation’, ce qui permet à notre équipe chargée des relations avec la clientèle d’interagir avec les clients presque comme s’ils étaient dans la même pièce», précise son patron. La fintech profitera des opportunités de l’open banking pour se connecter aux comptes de ses clients, ce qui implique qu’elle ne proposera ni carte bancaire ni de compte courant, de manière aussi à réduire ses coûts. Pour muscler son infrastructure technologique, la banque s’est rapprochée de Mambu, Amazon Web Services et d’Accenture.
Dans un rapport financier publié en avril, la banque explique avoir réalisé une perte liée à son lancement de 5,7 millions de livres à fin décembre 2020, contre 2,6 millions pour l’exercice 2019.Le pari de Monument sera-t-il gagnant ? Au Royaume-Uni, les néobanques généralistes, comme Revolut, Monzo et Starling Bank, ne proposent pas à ce jour d’offres ciblées pour les clients fortunés, qui se tournent vers des géants comme Barclays, Lloyds ou encore HSBC.
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