Mazars réévalue ses collaborations avec les acteurs cryptos
Le cabinet d’audit Mazars Group a pour le moment mis en pause certaines ses collaborations avec les acteurs cryptos au niveau mondial, selon Bloomberg. Si aucune communication officielle n’a été faite à ce stade, les audits des sociétés cryptos récemment réalisés par Mazars Group ne sont actuellement plus accessibles sur son site. Un porte-parole de la plateforme Binance, qui était un des clients de l’auditeur, a confirmé l’information. Contactés par L’Agefi, Mazars déclare avoir mis en pause son activité pour les acteurs de cryptomonnaie uniquement pour les travaux relatifs à la fourniture de rapports de preuves de réserve.
Le 7 décembre, Mazars Group avait publié un document qualifié d’audit de la preuve de réserve de Binance indiquant que la plateforme assurait la conservation de 575.742 bitcoins, soit l’équivalent de 9,7 milliards de dollars garantissant les encours de ses clients à hauteur de 101%. Un document pour lequel le cabinet d’audit n’avait d’ailleurs pas engagé sa responsabilité et qui présentait donc une valeur limitée. Selon la page désormais disparue de son site, il s’apprêtait également à publier un document relatif aux réserves de la plateforme Crypto.com et KuCoin.
Mazars ne serait pas la seule société à lâcher les acteurs crypto. Selon Forbes , l’auditeur Armanino, qui avait notamment comme client la branche américaine de FTX mais aussi de la plateforme Kraken, serait aussi dans ce cas.
Le sujet à la mode
Depuis la chute de FTX et les révélations sur la gestion calamiteuse, voire frauduleuse des fonds des clients, de nombreuses plateformes d’échanges tentent de rassurer leurs utilisateurs en publiant des chiffres sur leurs réserves pour prouver qu’elles n’ont pas dilapidé leurs fonds. Pourtant, la plupart de ces déclarations n’ont pas grande valeur, notamment parce que ces plateformes ne font généralement pas certifier leurs éventuels passifs par un expert indépendant.
«Les blockchains sont des enregistrements publics et permanents. C’est le grand registre le plus vérifiable», a twitté le patron de Binance Changpeng Zhao, quelques heures après la publication de l’article de Bloomberg. Sous-entendant qu’un réseau blockchain pouvait se suffire à lui-même pour prouver les réserves d’une plateforme. Encore faut-il prouver que les adresses détenant les cryptoactifs appartiennent bien à la plateforme en question.
Actuellement, seul l’américain Coinbase parmi les plateformes d’échanges les plus utilisées du marché crypto, a des obligations strictes de publication sur l'état de ses réserves par son statut d’entreprise cotée au Nasdaq.
Depuis cet été et particulièrement depuis la faillite de FTX, les plateformes, quasiment sans exception, font face à des retraits importants de la part de leurs utilisateurs, Binance étant largement en tête. Selon le cabinet Nansen, l’équivalent de 3,6 milliards de dollars de cryptoactifs ont été retirés en une journée, le 12 décembre, par les clients de la plateforme la plus populaire du monde qui revendique 120 millions d’utilisateurs. Des retraits massifs qui sont intervenus au lendemain des révélations de Reuters évoquant la perspective de poursuites judiciaires pour la plateforme aux Etats-Unis en raison de transferts d’argent sans licence et de blanchiment.
Plus d'articles du même thème
-
La blockchain n'a pas attendu Wall Street pour faire débuter l'introduction en Bourse de SpaceX
Les investisseurs adeptes des paris sur les marchés de prédiction ont eu accès dès le début de cette semaine à des jetons, représentant fictivement la future action SpaceX. Ces jetons ne leur donnent toutefois aucun accès à la propriété sur les titres réels. -
Pour les IPO non plus, une hirondelle ne fait pas le printemps
Klarna, Circle, Cerebras, CSG : la plupart des grandes introductions en Bourse des derniers mois ont d'abord entraîné un vrai engouement des investisseurs avant de subir de sévères retours de bâton. -
L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Une consultation sur l’éligibilité de certains actifs a été lancée. L’autorité pourrait faire évoluer sa lecture stricte des règles européennes.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreRéchauffement climatique : repenser les ryhtmes sociaux
Hausse des températures = baisse des performances cognitives : et si nos candidats à la présidentielle pensaient à réinventer les rythmes sociaux pour une France adaptée aux enjeux climatiques ? -
Tribune libreProtection des mineurs face aux écrans : l’heure n’est plus aux effets d’annonce – il nous faut un plan de bataille
A la veille d’un sommet du G7, au cours duquel, à la demande de la présidence française, le sujet de la protection des mineurs en ligne sera central, la sénatrice Catherine Morin-Desailly réclame de vraies mesures de protection -
Éolien en mer : Paris lance un appel d'offres géant pour sécuriser sa souveraineté énergétique
La Commission de régulation de l'énergie publie le 12 juin le cahier des charges de l' « AO10 », un appel d'offres de près de 10 gigawatts répartis sur l'ensemble des façades maritimes françaises. Objectif : multiplier par sept la puissance installée d'ici à 2035