Worldpay et Nets ont été approchés par des acheteurs potentiels, dont JPMorgan pour le premier. Les nouveaux modes de transaction en ligne poussent à la concentration.
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Olivier Pinaud
Le secteur des paiements a déjà connu d’importants rapprochements.
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Photo UE Parlement Européen.
Encore très fragmenté, le secteur européen des paiements se dirige vers une nouvelle vague de concentration sous l’effet, notamment, de la montée en puissance des nouveaux modes de transaction en ligne. Le britannique Worldpay, numéro un européen avec près de 370 milliards de dollars de volumes traités en 2016 selon Nilson Report, a reconnu hier avoir fait l’objet de marques d’intérêt de la part de JPMorgan Chase et du groupe américain de services de paiement par carte Vantiv. Le cours de l’action Worldpay, qui avait déjà gagné 1,5% lundi, s’est envolé de 27,7% hier à Londres, portant à 8,16 milliards de livres (9,3 milliards d’euros) la capitalisation de l’ancienne division de paiement de RBS. Celle-ci avait été vendue en 2010 au duo Bain-Advent qui l’avait ensuite mise en Bourse en 2015. Ingenico s’était intéressé au dossier à l’époque mais avait rebroussé chemin pour des questions de prix.
Worldpay a chargé Goldman Sachs de le conseiller face à ces avances non sollicitées. Vantiv et JPMorgan ont jusqu’au 1er août pour soumettre une offre ferme à Worldpay, conformément aux règles britanniques en matière d’OPA.
L’aveu de Worldpay intervient deux jours seulement après que le danois Nets, leader en Scandinavie et numéro cinq européen, eut également reconnu avoir été approché par des acheteurs. Nets n’a pas révélé l’identité des intéressés. Mais pour les analystes de Citi, Worldline serait l’acheteur industriel naturel. La filiale cotée d’Atos a déjà tenté en 2014 de s’emparer du groupe danois mais elle a été devancée par le duo Bain-Advent, devenu expert en matière de paiements. Les deux fonds ont également acquis depuis l’italien ICBPI.
En début d’année, la direction de Worldline n’avait pas caché sa volonté de réaliser des acquisitions, ciblant notamment la Scandinavie. Avec une trésorerie nette de 400 millions d’euros fin 2016 et avec la capacité, si nécessaire, d’émettre de nouvelles actions sans faire passer Atos sous la barre des 50% au capital, contre 70% actuellement, Worldline pourrait financer l’acquisition de Nets, dont la capitalisation s’élevait hier soir à 29,56 milliards de couronnes danoises (4 milliards d’euros). Worldline, qui a vu son cours progresser de 3,53% hier, capitalise 4,15 milliards d’euros.
Métier de volumes, les paiements ont déjà connu par le passé d’importantes vagues de concentration afin de générer des économies d’échelle. Ce mouvement était également alimenté par les banques qui ont eu tendance à se délester de ces activités gourmandes en investissements. Séparée de RBS, Worldpay a par exemple engagé 500 millions de livres dans le développement de sa nouvelle plate-forme. Celle-ci permet de traiter à la fois les transactions par cartes de paiement et par plus de 300 autres moyens alternatifs en temps réels afin de répondre aux besoins du commerce en ligne. Le service eCom de Worldpay constitue ainsi la principale source de croissance du groupe, avec un taux proche de 15%, soit trois fois plus que celui des divisions classiques au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
L’apparition des nouveaux modes de paiement via les smartphones, le développement de nouvelles technologies et la réglementation DSP2 viennent ajouter à la pression, avec l’apparition de nouveaux concurrents. D’où la nécessité impérieuse pour ces acteurs de grossir afin de mieux amortir les charges. JPMorgan exploite déjà une société européenne de paiement, basée en Irlande, et traite quelque 40 millions de transactions par jour.
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