Les attaques contre les plates-formes de cryptomonnaies se multiplient
Sale temps pour les cryptomonnaies. La plate-forme d’échange de devises numériques japonaise Zaif a dévoilé jeudi qu’elle avait subi un piratage le 14 septembre. Trois cryptomonnaies différentes ont été dérobées pour près de 50 millions d’euros au total, dont 5.966 bitcoins, correspondant à 33 millions d’euros. Selon Bloomberg, ce piratage est la cinquième attaque d’ampleur depuis le début de l’année contre une plate-forme d’échange de devises virtuelles, et la deuxième contre une entreprise japonaise.
Si la cyberattaque contre Zaif peut paraître massive, «il faut la comparer aux nombres de plates-formes qui se créent et à la taille du marché. Les vols de cryptomonnaies ne sont pas plus significatifs qu’avant», selon Charlie Méraud, cofondateur de l’Association française pour la gestion des cryptomonnaies (AFGC). En 2012, le paysage des cryptomonnaies avait été bouleversé par les pertes liées à l’attaque de la plate-forme BitFloor. Elles s’élevaient à 250.000 dollars, une goutte d’eau si on la rapporte à l'écosystème actuel.
Les cyberattaques touchent directement les devises achetées par les clients à travers les plates-formes. Mais ces risques n’ont pas réussi à freiner les investisseurs, qui «ne doivent pas laisser leur argent sur les plates-formes» d’échange, car le «risque de contrepartie» y est considérable, explique Charlie Méraud. D’autant plus que d’autres solutions existent pour mettre en sécurité ces devises. Ce sont les portefeuilles, connectés à internet (hot wallet), ou non (cold wallet).
En janvier, une autre plate-forme japonaise, Coincheck, avait subi le piratage de 430 millions d’euros, entraînant la faillite de l’entreprise. Un montant record jusqu’ici jamais égalé. Le Japon est un des pays qui échange le plus de cryptomonnaies en terme de volume, et ainsi devient une cible de choix pour les hackers. Suite à l'événement, en mars, l’Agence des services financiers japonaise (FSA) avait imposé la suspension de deux plates-formes et enjoint à Coincheck de renforcer sa gouvernance et ses procédures de lutte contre le blanchiment.
En juin, deux acteurs sud-coréens, Coinrail et Bithumb avaient perdu respectivement l'équivalent de 32 millions et 14 millions d’euros de devises numériques. En février, des hackers avaient volé 170 millions d’euros à la plate-forme italienne BitGrail.
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