L’Ecofin va tenir un premier débat sur la fintech
Comment réguler la fintech tout en évitant de faire partir les jeunes entrepreneurs? C’est la question à laquelle les 28 ministres des finances de l’UE vont essayer de répondre aujourd’hui, lors d’un débat à Tallinn.
Les discussions sont organisées sous l'égide de l’Estonie – un Etat connu pour ses performances dans le domaine du numérique – qui préside l’Ecofin jusqu’au mois de décembre. Dans un document préparatoire disponible en ligne, les officiels estoniens expliquent les données du problème: «Les fintechs accélèrent les changements du secteur financier (…). Ils peuvent transformer les marchés en amenant de nouveaux acteurs et de nouvelles solutions, en améliorant la concurrence et en abaissant les coûts pour les entreprises et les investisseurs.»
Aucune décision n’est attendue aujourd’hui
Mais ces acteurs causent aussi de nombreux risques, qu’il s’agisse de stabilité financière, de protection des données personnelles ou encore de financement du terrorisme. «Il est important de placer le consommateur au centre du débat et de garder en tête ces risques potentiels», écrivent les Estoniens, qui demandent aux ministres de s’exprimer sur «l’approche réglementaire et institutionnelle» la plus adaptée.
En parallèle, le document note que toute tentative de réglementation aura un impact sur les fournisseurs de fintech: un cadre trop étroit les ferait étouffer et les pousserait à s’exiler ailleurs. «Il faut empêcher l'émergence d’un arbitrage réglementaire», précise le document.
Aucune décision n’est attendue aujourd’hui – il s’agit uniquement d'échanger et de donner des idées à la Commission européenne. Cette dernière prépare un plan d’action sur le sujet, attendu début 2018. Elle a néanmoins déjà précisé certaines de ses réflexions les mois précédents. Par exemple, elle pourrait étendre aux produits en ligne le «passeport» qui existe déjà – le droit pour une entreprise de l’UE de vendre des produits financiers dans le reste de l’Union. Elle pourrait aussi étendre légèrement les pouvoirs des autorités de supervision (Esma, EBA, Eiopa) pour renforcer leur main mise sur la fintech.
«Avec le domaine de la fintech, nous sommes au bord d’une révolution, a déclaré hier Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission chargé des services financiers. Nous devons préparer ce futur dès aujourd’hui!»
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