Le coronavirus favorise le sans-contact
API, Open Banking, billets ou cartes bancaires : l’Observatoire des moyens de paiement 2020 : bilans et perspectives, publié aujourd’hui par Talan Consulting, permet de faire le point sur les tendances d’un secteur bouleversé, lui aussi, par le coronavirus. «L’évolution du secteur des paiements s’opère par le biais de trois leviers principaux», résume l’Observatoire, consacré en partie au bilan de 2019. D’abord, la DSP2, certes repoussée mais qui a déjà «engendré des initiatives bancaires stratégiques» : rachat de FinTech ou mise à disposition de données via les API. Le développement de nouvelles offres de paiement constitue le second levier. Ainsi, les usages de la carte bancaire se sont diversifiés l’an dernier, comme les offres de paiements mobiles. Enfin, le recours à de nouveaux moyens de paiement contribue à cette évolution. L’instant payment, devenu réalité l’an dernier, représentait déjà 5,5% des virements en zone SEPA en Europe au quatrième trimestre, tandis que l’utilisation des cryptomonnaies par les banques centrales soulève autant d’espoirs que de questions.
L’Observatoire évoque ensuite les conséquences «considérables» du coronavirus sur les moyens de paiement. Ainsi, la hausse, modeste à première vue, des paiements sans contact (+4% sur le début d’année) est à mettre en regard de la baisse de 60% qu’enregistrent les retraits d’espèces. «Les mesures barrières de prévention sont venues favoriser des moyens de paiement respectant les mesures d’hygiène, à l’instar du paiement sans contact et du paiement mobile, au détriment de l’argent liquide et de la carte bancaire», pointe Talan. Or, «il n’est pas à exclure que ces gestes barrières rentrent dans les habitudes», juge le cabinet.
«La nécessité de la transformation digitale»
Au-delà des habitudes de paiement, la crise a également frappé les acteurs du secteur, puisque plusieurs reports de projets ont été annoncés. Mais elle «représente une opportunité intéressante de fidéliser les clients existants, ainsi que d’aller vers ceux qui sont en recherche d’accompagnement pendant cette crise», comme les commerces de proximité, précise Khalil Chaouachi, directeur chez Talan Consulting, en charge de l’offre banque et paiements, et auteur de l’étude. Bref, conclut l’Observatoire, la crise actuelle démontre «la nécessité de la transformation digitale des paiements».
Cette transformation «résid(e) certainement dans la concrétisation de la DSP2, l’amélioration de l’expérience client ainsi que dans l’adoption de nouveaux moyens de paiement digitaux et à forte valeur ajoutée», poursuit Talan. Virus ou non, les tendances de long terme devraient se poursuivre et transformer le secteur autour de deux thématiques principales.
La sécurisation des données clients, «le défi majeur»
La recherche d’une plus grande fluidité et autonomie du parcours client, d’une part ; la suppression du sentiment de paiement, comme dans les magasins sans caisse d’Amazon ou d’AliBaba, constitue une «véritable révolution». D’autres innovations, comme le développement du cashback ou du paiement mobile sans contact, dont les montants totaux devraient atteindre 27 milliards d’euros en 2022, participeront de cette transformation. Mais, souligne Talan, «il faudra relever le défi majeur de la sécurisation des données clients».
La deuxième thématique est en effet celle de l’emploi de ces données, «mine d’or pour les banques». Proposer de nouveaux services, améliorer l’expérience client, les usages ne manquent pas, mais, prévient Talan, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et les régulateurs seront vigilants.
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