La France organise sa première vente aux enchères de bitcoins
C’est une première en France. L’Etat français pourrait toucher 26 millions d’euros en vendant des bitcoins, au cours actuel de la cryptomonnaie. Le 17 mars, la maison de ventes Kapandji Morhange proposera aux enchères 611 bitcoins saisis dans le cadre d’une affaire de cybercriminalité.
Il s’agit d’une vente aux enchères publiques judiciaire avant jugement : ni le délit pénal, ni l’identité du propriétaire des bitcoins saisis ne sont connus à ce jour. La section cybercriminalité du parquet de Paris a confié à l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) le mandat de vendre ces bitcoins.
«Nous avions déjà travaillé sur la vente d’actifs immatériels, c’est pour cela que l’Agrasc nous a contactés il y a plusieurs mois pour travailler sur les cryptomonnaies», explique à L’Agefi la commissaire-priseur Ghislaine Kapandji. Il y a un an, la valeur d’échange du bitcoin était à 4.500 euros, elle est à plus de 40.000 euros aujourd’hui. «Donc nous avons bien fait d’attendre», se félicite cette dernière.
Plusieurs mois ont été nécessaires pour sécuriser les étapes de la vente, des inscriptions à l’après-vente, qui consiste à transférer les bitcoins acquis sur les portefeuilles des acheteurs. «Nous avons regardé de près ce qui s’était déjà fait ailleurs», admet la commissaire-priseur. La première vente aux enchères de bitcoins a eu lieu aux Etats-Unis en 2014. En Europe, cette pratique existe déjà ailleurs : en mars dernier, la justice belge a mis aux enchères l’équivalent de 110.000 euros en cryptomonnaies. Si d’autres ventes aux enchères devaient avoir lieu en France, «nous serons plus rapides», estime Ghislaine Kapandji.
Une trentaine d’inscrits
Mi-mars, donc, la vente aura lieu à la fois à la compagnie des commissaires priseurs judiciaire de Paris et en ligne, sur le site d’Interenchères. Deux vacations auront lieu : la première à 9h00, avec 437 lots de 0,11 à 2 bitcoins afin d’«assurer l’accès à un plus grand nombre d’enchérisseurs». Dès l’annonce sur le site d’Interenchères, 20 inscriptions ont été réalisées. La vacation de l’après-midi portera sur 44 lots de 5 à 20 bitcoins pour des investisseurs considérés comme «plus avertis». Une dizaine de personnes se seraient déjà inscrites. Le profil des acheteurs oscille entre 30 et 45 ans.
Les estimations pour la mise à prix seront fixées la veille de la vente, en fonction de la valeur du bitcoin à l’instant t. «Les enchères démarreront à 60% du cours. Le prix de départ sera inférieur à la valeur estimée du bitcoin», détaille Ghislaine Kapandji, contrairement à des ventes aux enchères de bitcoins au dessus du cours, réalisées dans d’autres pays.
Le fruit de la vente sera ensuite placé sur un compte séquestre de l’Agrasc géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) étant donné que qu’il s’agit d’une vente avant jugement dans le cadre d’une affaire de cybercriminalité, dont le verdict n’est à ce jour pas connu. Au final, si le propriétaire est relaxé, le produit de la vente lui sera entièrement rendu. S’il est condamné, une partie de la somme sera reversée au budget de l’Etat notamment «dans la lutte contre le crime, moins d’éventuelles indemnités versées aux victimes sur l’assiette de la confiscation», explique la commissaire-priseur. Depuis sa création, l’Agrasc a saisi plus de 1.300 bitcoins, soit plus de 55 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Les exportations continuent de soutenir l’économie chinoise
L’excédent commercial a dépassé les attentes en septembre et est en passe d’atteindre à nouveau 1.000 milliards de dollars, soutenu par la technologie. Mais l’activité reste déséquilibrée avec une croissance domestique toujours faible, ce que reflète l’évolution des prix. De quoi agacer ses partenaires commerciaux. -
Les actions gagnent du terrain dans les portefeuilles des CGP au troisième trimestre
Selon le baromètre trimestriel de Nortia, une partie des professionnels favorise des expositions directement sur les marchés pour profiter pleinement des rendements. -
Nvidia s'invite au capital de Doctolib et conforte son assise européenne
Le concepteur de puces a annoncé mardi soir la prise de participations minoritaires dans les start-up tricolores Doctolib, Genesis AI, Entalpic et Pigment. Il a aussi promis 250 millions de dollars d’investissements au Royaume-Uni.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Flux sortantLes exportations chinoises surfent sur la vague de l'intelligence artificielle
Grâce à un bond de plus de 36 %, le commerce extérieur continue de soutenir l'économie du pays -
« Les victimes s’en souviendront » : pourquoi LFI a refusé de voter la loi intégrale
Les députés insoumis se sont abstenus lors du vote de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale -
« Une épreuve de force » : Marine Le Pen veut imposer un bras de fer à l’UE
Dans un entretien au Financial Times, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle explique vouloir tailler dans le budget bruxellois et bousculer les traités pour affaiblir la Commission européenne de l'intérieur, sans quitter la zone euro