La fintech Ebury se valorise 700 millions de livres
La fintech Eburyn’est pas loin de devenir une licorne. La banque espagnole Santander a annoncé hier l’acquisition de 50,1% de la fintech Ebury pour un montant de 350 millions de livres sterling (405 millions d’euros), portant sa valorisation, hors conditions particulières liées à l’opération, aux alentours de 700 millions de livres (810 millions d’euros). La banque s’attend à un retour sur capital investi d’environ 25% à moyen terme, «ce sera le cas d’ici 3 à 4 ans» confie à L’Agefi Cyril Léger, directeur Général Ebury France.
Basée à Londres, la fintech lancée en 2009 permet d’optimiser les paiements internationaux en devises étrangères. Après avoir noué un partenariat avec la banque espagnole Unicaja Banco en juillet dernier, «Santander a remarqué que notre technologie pouvait être bénéfique : par exemple, notre expertise sur les systèmes d’API les intéresse, ils ont misé sur nous pour développer cela en interne» précise Cyril Léger.
Santander espère renforcer sa stratégie digitale à destination des PME, en complétant son offre ‘Global Trade Services’, lancée début octobre, qui veut simplifier les échanges internationaux avec le cloud. «Les PME s’internationalisent de plus en plus et Santander est la banque la mieux placée pour jouer un rôle primordial pour les aider à accéder aux marchés internationaux. En s’associant à Ebury, Santander fournira aux PME des produits et des services plus rapides et plus efficaces, qui n'étaient auparavant accessibles qu’aux grandes entreprises» précise Ana Botín, présidente exécutive du groupe Banco Santander, dans le communiqué.
Sur les 350 millions de livres sterling, 70 millions permettront de soutenir l’activité d’Ebury. La fintech pourra ainsi «continuer son développement à l’international, notamment en Amérique du Sud et en Asie.» Cette opération permettra également d’améliorer ses produits, notamment dans le trading financier.
De même, «l’opération va permettre à Ebury de se faire connaître, en s’adressant à la clientèle de Santander qui offre ses services à plus de quatre millions de PME dans le monde» espère le DG d’Ebury France. Après cette opération, Cyril Léger assure qu’Ebury restera «complètement autonome». Sergio Rial, président directeur général de Santander au Brésil, rejoindra le board de la fintech en tant que président. «On gardera le management. On n’aura pas besoin de consulter Santander pour avancer librement dans le business. Les 50,1% permettront d’accéder à leur coût de financement» souligne Cyril Léger.
En 2018, la société a traité 16,7 milliards de livres sterling en paiements pour ses 43.000 clients . Elle dispose de 22 bureaux répartis dans 19 pays.
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