Ymagis veut réconcilier la Bourse et le cinéma
Le cinéma et la Bourse n’ont jamais fait bon ménage. Jean Mizrahi, le président fondateur d’Ymagis, qui vient de lancer l’introduction de sa société sur Nyse Euronext, veut croire au «happy end». Car selon lui, le modèle économique, «décorrélé du succès des films» projetés en salles, permet à l’entreprise de ne pas être «touchée par les aléas du monde du cinéma» et les risques inhérents au système de la production.
Le mode de rémunération d’Ymagis s’apparente à celui d’une «utility». Afin d’aider les exploitants de salles de cinéma à numériser leurs équipements, et de redistribuer une partie des économies générées par la copie numérique (9 à 14 fois moins chère qu’une bande en 35 mm), les majors américaines (Disney, Warner…) ont mis sur pied dans les années 2000 le système des VPF (virtual print fee) : ils payent un loyer pour chaque film diffusé en salle, pendant une période donnée d’environ dix ans, couvrant ainsi la majeure partie du coût d’installation des projecteurs et autres équipements numériques.
Issus du monde du cinéma, les fondateurs d’Ymagis se lancent sur ce créneau en France en 2007, en devenant l’intermédiaire de financement entre les distributeurs et les exploitants de salles de cinéma. La société est devenue depuis le numéro un du marché, avec 1.226 écrans en portefeuille, soit 22% du nombre total dans l’Hexagone, dont 90% sont déjà numérisés. Elle est également numéro un en Allemagne (18% du marché) et en passe de le devenir en Espagne.
Ce métier offre une grande récurrence de chiffre d’affaires (21,6 millions d’euros en 2012), une marge brute quasiment fixe (65%), mais il est voué à s’éteindre une fois les équipements remboursés par l’accumulation des VPF. L’horizon est fixé vers 2023.
D’ici là, outre l’entrée sur de nouveaux marchés peu avancés dans la numérisation, comme l’Italie ou l’Europe de l’Est pour y décliner ce modèle, Ymagis cherche des relais de croissance dans les services aux groupes de cinémas, studios et exploitants. Les cash flows y sont moins margés mais l’activité est plus durable.
D’où la levée de fonds sur Nyse Euronext, d’un montant compris entre 15,3 et 18,7 millions d’euros, afin de réaliser notamment des acquisitions. L’offre est ouverte jusqu’au 29 avril. Elle est dirigée par Oddo et Invest Securities, épaulés par Aurel BGC.
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