Vodafone confirme ses ambitions dans le haut débit fixe
Le projet d’introduction en Bourse d’Ono, avalisé par ses actionnaires la semaine dernière, restera lettre morte. En choisissant de se faire racheter par Vodafone pour 7,2 milliards d’euros, dont 3,3 milliards de dette, le câblo-opérateur espagnol, conseillé par Deutsche Bank, BoA Merrill Lynch, UBS et JPMorgan, a tenu compte de l’accélération de la convergence entre les réseaux fixes et mobiles dans les télécoms en Europe (voir ci-dessous). Mais cela prouve aussi que l’opérateur britannique a su proposer à l’actionnariat de sa cible, qui comprend plusieurs fonds de capital-investissement, une valorisation au moins égale à celle que ces derniers comptaient retirer d’une IPO.
Si la transaction valorise Ono à 10,5 fois son excédent brut d’exploitation pour 2013, ce multiple tombe à 7,5 fois après intégration des synergies anticipées sur les coûts et les investissements, correspondant à 2 milliards d’euros en valeur actuelle nette. A cela devraient s’ajouter 1 milliard d’euros de synergies sur les revenus, provenant d’un meilleur maillage des points de vente et d’une force de frappe marketing accrue. Vodafone prévoit que ce rachat aura un effet relutif sur son bénéfice ajusté et son cash flow libre ajusté par action dès la première année pleine, en incluant les synergies sur les coûts et les investissements mais hors frais d’intégration.
«Avec un chiffre d’affaires pro-forma de 5,9 milliards d’euros en Espagne, l’entité élargie se situera en deuxième position derrière l’activité domestique de Telefonica (13 milliards) mais devant les 4,1 milliards réalisés par la filiale espagnole d’Orange», relèvent les analystes crédit de la Société Générale. Vodafone, qui va poursuivre sa coopération avec Orange dans la construction d’un réseau de fibre optique, espère boucler l’acquisition d’Ono au troisième trimestre 2014. Selon l’analyse crédit d’Oddo, ce rachat «ne devrait pas rencontrer d’obstacles réglementaires», étant donné que la part de marché du nouvel ensemble dans l’internet fixe serait d’environ 23% et que «la présence d’Ono dans le mobile est limitée».
Conseillé par Morgan Stanley, Vodafone financera cette acquisition «sur sa trésorerie et grâce à des lignes de crédit confirmées mais non tirées», sachant qu’il entend allouer au moins 22 milliards d’euros à sa croissance externe à la suite de la cession de ses 45% dans l’opérateur mobile américain Verizon Wireless.
Plus d'articles du même thème
-
«La correction sur les taux nous paraît excessive»
Mikaël Pacot, responsable Investissements Souverains et SSA chez BNP Paribas AM. -
«Nous demeurons constructifs sur les marchés actions»
Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud AM -
L’interdiction d’exporter du diesel est une fausse bonne idée pour les Etats-Unis
Dans une démarche électorale, Donald Trump cherche à réduire la pression sur les prix du carburant, principalement du diesel. Mais si limiter les exportations diminuera les prix dans un premier temps, cela ne durera pas.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
- La Caisse des Dépôts va cesser de souscrire des obligations d'entreprises pétrolières
Contenu de nos partenaires
-
Lignes rougesRussie – Europe : l’étrange et inquiétante escalade
Face à des attaques hybrides russes de plus en plus affirmées, les Européens sont parfois pris au dépourvu. Ils planchent toutefois sur des modes collectifs de riposte -
EditoLa France au révélateur de la Léonmania
Que dit de notre pays l'incroyable succès de la visite du pape Léon XIV à Paris ? -
Drone de guerre« Ce n’est pas Pearl Harbor » : derrière Le Pen et Bardella, les voix discordantes du RN sur la menace russe
La direction du Rassemblement national veut installer une nouvelle grammaire, plus ferme, sur la menace russe. Mais une partie de ses élus continue de relativiser les attaques de Vladimir Poutine