Vivendi réduit sa dette libellée en dollars par un rachat d’obligations

Le groupe va racheter ou rembourser jusqu’à 2,7 milliards de dollars, émanant de 4 souches obligataires de maturité comprise entre 2015 et 2022
Yves-Marc Le Reour

Vivendi n’aura pas attendu longtemps pour utiliser une partie du produit de la cession de 85% de ses parts dans l’éditeur de jeux vidéo Activision Blizzard, qui vient de lui rapporter 8,2 milliards de dollars (6,1 milliards d’euros). Le groupe de communication a en effet annoncé hier qu’il comptait, à hauteur de 2,7 milliards de dollars au maximum, «réduire sa dette libellée en dollars américains, émise en 2008 et 2012 pour financer ou refinancer la création d’Activision Blizzard et couvrir le risque de change euro/dollar associé».

Dans le détail, il a lancé une offre de rachat sur tout ou partie des 650 millions de dollars d’obligations 3,45% à échéance 2018 (émises en avril 2012) , des 700 millions de dollars d’obligations 6,625% à échéance 2018 (émises en avril 2008) et des 800 millions de dollars d’obligations 4,75% à échéance 2022 (émises en avril 2012). Il va par ailleurs «rembourser l’intégralité des 550 millions de dollars d’obligations 2,4% à échéance 2015», également émises en avril 2012, à un prix fixé à 30 points de base au-dessus du taux des bons du Trésor américain.

Pour les souches obligataires 2018 et 2022, «les modalités définitives de l’offre de rachat seront fixées le 23 octobre, ce qui permettra aux détenteurs des obligations, principalement des fonds institutionnels nord-américains, de disposer de suffisamment de temps pour faire part de leur intérêt», indique à L’Agefi Michael Haize, responsable des financements et des marchés de capitaux de Deutsche Bank. L’établissement a été choisi par Vivendi comme banque-conseil aux côtés de BoA Merrill Lynch.

Le groupe, qui réfléchit actuellement à un projet de scission, avait indiqué en fin de semaine dernière que le désengagement d’Activision Blizzard lui apportait «une plus grande flexibilité financière». C’est en outre la première grande cession effectuée par Vivendi, les négociations avec le groupe émirati Etisalat sur Maroc Telecom ayant été prolongées jusqu’au 31 octobre.

L’action Vivendi a terminé la séance sur un gain de 3,6% à près de 19 euros, l’annonce de ce prochain désendettement ayant éclipsé le rejet par le tribunal de l’Union européenne d’une plainte logée en 2009 pour position dominante contre Orange (ex- France Télécom), qui portait sur les tarifs de dégroupage. La maison mère de SFR dispose de deux mois pour faire appel auprès de la Cour de justice européenne.

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