Vivendi négocie âprement les termes d’un crédit syndiqué d’un milliard d’euros

Les banques veulent obtenir une marge de 90 pb au-dessus de l’Euribor contre un niveau de 75 pb offert par le groupe de communication
Yves-Marc Le Reour

Les contraintes qui pèsent sur la liquidité des banques en Europe se font désormais sentir sur les conditions financières accordées aux grands corporates. Habitué à obtenir des marges bancaires favorables pour ses crédits syndiqués, Vivendi peine actuellement à finaliser des négociations portant sur une ligne de crédit revolving d’un milliard d’euros, selon plusieurs sources bancaires.

Signe des temps, certains établissements de crédit, en France notamment, jugent insuffisante la marge de 75 points de base (pb) au-dessus de l’Euribor proposée par le groupe de communication, estimant que 90 pb seraient davantage conformes à son profil de crédit (BBB chez S&P et Fitch, Baa2 pour Moody’s). A titre de comparaison, Vivendi avait conclu en septembre 2010 un crédit syndiqué d’un milliard d’euros à 5 ans avec un taux d’intérêt fixé à 55 pb au-dessus de l’Euribor. La nouvelle ligne d’un milliard d’euros en négociation se substituerait à une ligne de même montant mise en place début 2008, qui expire en février 2013.

La commission de montage exigée par les banques serait de surcroît plus élevée que les 35 pb offerts par l’emprunteur, de même que celle liée au premier tirage. Si les 15 pb proposés par Vivendi pour un tirage maximum d’un tiers du crédit mis à disposition ne semblent pas poser de problème, il lui en coûterait «30 pb au lieu de 20 pb pour une utilisation allant jusqu’au deux tiers et 50 pb au lieu de 30 pb au-delà», soulignent ces sources. Le bouclage de l’opération ne devrait pas avoir lieu avant fin janvier 2012.

Après l’acquisition des activités de musique enregistrée d’EMI le mois dernier pour 1,4 milliard d’euros, S&P craint une détérioration de la structure de bilan de Vivendi, avec un ratio de dette nette sur Ebitda de 2,5 fois l’an prochain contre 2,2 fois à fin 2011. Le directeur financier Philippe Capron a reconnu mi-novembre que le groupe, qui compte ramener son endettement sous les 13 milliards d’euros à fin décembre, avait désormais «très peu de marge de manœuvre» pour des opérations significatives de croissance externe.

Compte tenu de la nécessité d’alléger leur bilan, «les banques donneront la priorité à leur marché domestique dans leurs engagements financiers», estime un banquier londonien, en ajoutant que les établissements de crédit procéderont à un examen attentif de toutes les conditions financières liées aux crédits syndiqués au cours des prochains mois.

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