Vivendi fait un petit geste envers les actionnaires minoritaires de Canal+
Vivendi a, semble-t-il, réussi à éteindre le mécontentement que son offre sur la Société d’édition de Canal+ (SECP) avait suscité chez certains actionnaires minoritaires de sa filiale. Si le cours de Bourse s’était placé au-dessus du prix de 7,6 euros initialement proposé par le groupe de médias, son relèvement à 8 euros est mieux accepté. Vendredi, le cours de la SECP a fini à 7,98 euros. Vivendi détient déjà 48,5% du capital de la SECP.
«En valeur absolue, le prix de 8 euros ne reflète pas l’intégralité de la valeur actualisée de Canal+. Mais il nous paraît équilibré au regard de la porte de liquidité qu’il ouvre aux actionnaires minoritaires», explique Nathalie Pelras, gérante du fonds KBL Richelieu Spécial, l’un des minoritaires historiques de la SECP, avec encore 0,5% du capital. Il devrait apporter sa part à l’offre de Vivendi. Oddo Securities, le seul courtier à suivre la valeur, avait un objectif de cours de 8 euros.
Le relèvement du prix entraînera un surcoût de l’ordre de 22 millions d’euros pour Vivendi, sur un montant total de 540 millions d’euros. Mais l’opération est financièrement positive pour le groupe de médias. Il va mobiliser une partie de sa trésorerie aujourd’hui faiblement rémunérée pour racheter des actions dont le dividende procure un rendement d’environ 3,5%. De même, un retrait de la cote, si Vivendi venait à obtenir plus de 95% du capital, ferait économiser environ 1 million d’euros de frais annuels de cotation.
Cette offre de rachat était attendue depuis longtemps par les actionnaires minoritaires, essentiellement des fonds value ou de situations spéciales, attirés par le rendement certain payé par la SECP. Depuis la fusion Vivendi-Canal+-Seagram de 2000, et la signature d’une convention de distribution, les revenus de la SECP ne proviennent que des abonnements à la chaîne premium Canal+ et son revenu opérationnel est encadré, à la hausse comme à la baisse. Cette structure avait été rendue nécessaire par la loi française interdisant à un actionnaire de détenir plus de 49% du capital d’une chaîne de télévision. Depuis, la législation a été assouplie. Le seuil de 49% peut être franchi à condition que la part d’audience moyenne de la chaîne soit inférieure à 8% de l’audience totale des services de télévision. Celle de Canal+ s’élevait à 3,7% en 2014.
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