Vivendi alimente la spéculation sur une scission du groupe
Même en plein été, la spéculation autour de Vivendi ne retombe pas. La série de nominations annoncée lundi soir par le groupe de télécommunications et de divertissement a contribué à renforcer le scénario d’une possible scission. Bertrand Méheut, le président du directoire de Canal +, filiale de télévision de Vivendi, a ainsi été chargé d’une «mission de réflexion pour le développement des médias et des contenus». «Les synergies entre les activités de contenus et les réseaux étant limitées, si Vivendi ne trouve pas d’acheteurs, l’alternative pourrait être une scission de ces actifs», indiquent les analystes de Cheuvreux.
Selon eux, la solution serait toutefois moins positive pour la valorisation du groupe qu’une vente pure et simple de ces actifs, d’autant que la scission nécessiterait de mettre en œuvre un processus complexe d’allocation de la dette entre les différents véhicules. Les analystes de Cheuvreux ont d’ailleurs déjà un candidat à la vente tout trouvé: GVT. Acquis en 2009, et considéré comme la pépite de Vivendi, l’opérateur en télécoms brésilien serait l’actif le plus facile à vendre et le plus «monétisable».
Du même avis, leurs confrères de CM-CIC évaluent GVT à 6,1 milliards d’euros, soit 8,6 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) attendu pour 2012, alors que Vivendi affiche un multiple de 4,8 fois. La cession aurait l’avantage de faire disparaître immédiatement les tensions liées aux 14 milliards d’euros de dette du groupe. Mais elle le priverait aussi de son principal moteur de croissance.
Selon Bloomberg, Rothschild et Deutsche Bank auraient été mandatés pour évaluer les différentes options pour GVT. Mais la question n’est pas simple et ne devrait pas être réglée à court terme. Aucune annonce sur ce dossier n’est attendue la semaine prochaine lors de la publication des résultats semestriels du groupe le 30 août. Prudents, les analystes d’UBS s’interrogent sur la concrétisation de ces éventuelles opérations et redoutent qu’en cas de processus plus long que prévu le groupe soit contraint de contenir un peu plus son dividende pour faire retomber la pression des agences de notation. Vivendi compte en effet à tout prix rester dans la catégorie «investment» auprès des agences de notation.
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