Vivendi aiguise son appétit pour Telecom Italia
Vivendi, dont Vincent Bolloré détient 15% du capital, ne perd pas de temps pour pénétrer le marché transalpin. Le groupe de médias français, qui doit prochainement devenir le premier actionnaire de Telecom Italia en prenant 8,3% de son capital, pourrait bientôt porter sa participation à hauteur de 10 à 15%, indiquaient hier les agences de presse Reuters et Bloomberg. Contacté, Vivendi n’a pas souhaité faire de commentaires.
La participation initiale de Vivendi est le fruit de la vente de sa filiale brésilienne de téléphonie GVT à Telefonica, officialisée le 29 mai. Le règlement a été effectué pour partie en titres Telefonica Brasil (Vivo), que Vivendi va échanger contre des titres Telecom Italia, dont l’opérateur espagnol était le premier actionnaire. Techniquement, cet échange n’interviendra qu’après la dissolution formelle de Telco, la holding de contrôle créée il y a huit ans pour regrouper les participations de Telefonica et des institutions financières italiennes Mediobanca, Intesa et Generali. Ces dernières ont toutes trois annoncé en 2014 leur volonté de sortir du pacte. Telco détient 22,4% de Telecom Italia.
Vivendi souhaiterait encore renforcer son influence sur l’opérateur italien. L’opération doit toutefois être approuvée par le conseil d’administration de Vivendi, soulignent des sources proches à Reuters. Selon Bloomberg, la transaction pourrait intervenir le mois prochain.
Si l’on en croit les informations des agences, il est probable que le groupe français cherche à acquérir des titres auprès de l’une (voire plusieurs) des trois institutions financières susnommées. Elles ont en effet déclaré par le passé que leur participation au capital de Telecom Italia avait vocation à être cédée. Generali détient 4,3% de l’opérateur, Intesa et Mediobanca 1,6% chacun. La part de Mediobanca (évaluée à 250 millions d’euros aux cours actuels) serait mise en vente d’ici à la fin du mois, indique une source à Reuters.
Se renforcer au capital de Telecom Italia sert à la fois les intérêts de Vivendi dans sa quête de distribution de ses contenus (Canal+, Universal Music) et dans une éventuelle alliance avec une chaîne de télévision payante transalpine (l’opérateur télécom disposerait alors de contenus à diffuser et du savoir-faire de Canal+), et ceux de Vincent Bolloré, à qui l’on prête la volonté de jouer un rôle central dans la concentration attendue du secteur des télécoms italiens.
Plus d'articles du même thème
-
Spie confirme ses objectifs pour 2026 malgré le repli de sa production au premier trimestre
Les ventes du groupe ont été pénalisées par de mauvaises conditions météorologiques en Allemagne et en Europe centrale en début d'année. -
SAP rassure les investisseurs avec une forte hausse de ses profits
L'éditeur de logiciels allemand reprend des couleurs en Bourse grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes des analystes. -
Le CFO de crise est une vigie et un second dans la tempête aux côtés du dirigeant
En 2026, la multiplication des situations sensibles fait du CFO de crise un profil de plus en plus recherché.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
Contenu de nos partenaires
-
Polymarket : un soldat américain poursuivi pour avoir parié sur la chute de Maduro
Le soldat Gannon Ken Van Dyke est accusé d’avoir détourné des informations confidentielles pour parier sur l’intervention américaine au Venezuela sur le site Polymarket. Il aurait gagné 400 000 dollars -
PatrimoineLes astuces à connaître pour bien remplir votre déclaration de revenus
Cette année, les déclarations de revenus doivent être envoyées avant le 5 juin au plus tard et elles contiennent quelques nouveautés. Pour les contribuables relevant de la déclaration simplifiée, l’exercice n’en est presque plus un. S’ils sont d’accord avec les montants préremplis, il n'y a quasiment rien à faire. Pour ceux qui ont des comptes à l’étranger, ont investi dans l’immobilier locatif ou ont des enfants étudiants ou majeurs vivant avec eux, voici comment remplir les bonnes cases et comprendre ce qui change. -
Trump annonce une prolongation de trois semaines de la trêve au Liban
Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse