Vivendi aiguise son appétit pour Telecom Italia

Assuré d’être le premier actionnaire de l’opérateur transalpin, le groupe de médias français chercherait à porter sa participation jusqu’à 15%.
Antoine Landrot

Vivendi, dont Vincent Bolloré détient 15% du capital, ne perd pas de temps pour pénétrer le marché transalpin. Le groupe de médias français, qui doit prochainement devenir le premier actionnaire de Telecom Italia en prenant 8,3% de son capital, pourrait bientôt porter sa participation à hauteur de 10 à 15%, indiquaient hier les agences de presse Reuters et Bloomberg. Contacté, Vivendi n’a pas souhaité faire de commentaires.

La participation initiale de Vivendi est le fruit de la vente de sa filiale brésilienne de téléphonie GVT à Telefonica, officialisée le 29 mai. Le règlement a été effectué pour partie en titres Telefonica Brasil (Vivo), que Vivendi va échanger contre des titres Telecom Italia, dont l’opérateur espagnol était le premier actionnaire. Techniquement, cet échange n’interviendra qu’après la dissolution formelle de Telco, la holding de contrôle créée il y a huit ans pour regrouper les participations de Telefonica et des institutions financières italiennes Mediobanca, Intesa et Generali. Ces dernières ont toutes trois annoncé en 2014 leur volonté de sortir du pacte. Telco détient 22,4% de Telecom Italia.

Vivendi souhaiterait encore renforcer son influence sur l’opérateur italien. L’opération doit toutefois être approuvée par le conseil d’administration de Vivendi, soulignent des sources proches à Reuters. Selon Bloomberg, la transaction pourrait intervenir le mois prochain.

Si l’on en croit les informations des agences, il est probable que le groupe français cherche à acquérir des titres auprès de l’une (voire plusieurs) des trois institutions financières susnommées. Elles ont en effet déclaré par le passé que leur participation au capital de Telecom Italia avait vocation à être cédée. Generali détient 4,3% de l’opérateur, Intesa et Mediobanca 1,6% chacun. La part de Mediobanca (évaluée à 250 millions d’euros aux cours actuels) serait mise en vente d’ici à la fin du mois, indique une source à Reuters.

Se renforcer au capital de Telecom Italia sert à la fois les intérêts de Vivendi dans sa quête de distribution de ses contenus (Canal+, Universal Music) et dans une éventuelle alliance avec une chaîne de télévision payante transalpine (l’opérateur télécom disposerait alors de contenus à diffuser et du savoir-faire de Canal+), et ceux de Vincent Bolloré, à qui l’on prête la volonté de jouer un rôle central dans la concentration attendue du secteur des télécoms italiens.

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