Vinci se console de la faiblesse du BTP avec ses aéroports
L’année 2015 s’annonce tout aussi compliquée que 2014 pour les groupes de BTP. Selon les estimations préliminaires de la Fédération nationale des travaux publics, le marché français devrait encore se contracter de 5% à 7% en 2015 après une chute attendue à 8% cette année. A ces chiffres s’ajoutent les incertitudes sur les autoroutes dont le plan de relance des investissements n’a toujours pas été signé avec l’Etat.
Dans ce contexte, Vinci, le numéro un français du BTP, mise plus que jamais sur sa diversification dans les concessions aéroportuaires. Lors d’une récente journée organisée à Lisbonne avec les investisseurs, la direction du groupe a mis en avant son pôle Vinci Airports. Celui-ci ne représente que 2% du chiffre d’affaires et 5% de son résultat d’exploitation (Ebit) consolidés. Mais selon les estimations des analystes, il pèse pour près de 15% dans le modèle de valorisation en somme des parties du groupe. Devant les investisseurs, la direction de Vinci a d’ailleurs jugé un peu trop prudent le consensus de valorisation de ses aéroports. Selon elle, cette activité vaut plus de 6 milliards d’euros, dont 5 milliards pour ANA, la société portugaise rachetée en 2013 pour 3,1 milliards d’euros.
Le développement des low-costs, les mouvements de la diaspora portugaise et l’ouverture vers les pays lusophones d’Amérique du Sud, ont accéléré le trafic d’ANA: +9% depuis le début de l’année, contre une estimation de croissance initiale de 3%. L’opérateur de l’aéroport de Lisbonne profite aussi d’un «cadre réglementaire stable, sans limite à la hausse du trafic, et d’une formule de tarifs claire», explique JPMorgan. A ce rythme, Vinci vise une marge d’Ebitda de 50% pour ANA avec 2 ou 3 ans d’avance sur un horizon initialement fixé à 2018.
Cette opération réussie sur ANA a donné des idées à Vinci Airports. Le groupe cible des plates-formes sur des zones en croissance, comme Santiago du Chili, ou des aéroports plus mûrs mais dont la structure peut être optimisée. L’offre en cours sur Toulouse-Blagnac entre dans cette catégorie. En revanche, Vinci ne vise pas les aéroports historiques dans des zones matures, souvent trop chers. «ADP fait figure de cas à part», rappellent toutefois les analystes de Natixis. Car si «la société ne remplit pas l’ensemble des critères», Vinci, «qui en détient déjà 8%, ne cache pas son intérêt de se renforcer davantage si l’occasion se présente».
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