Vincent Bolloré présidera un futur Vivendi recentré sur les médias
Vincent Bolloré confirme son statut d’investisseur avisé. Avec une participation de 5% du capital de Vivendi, consolidée autour du produit de la cession de deux chaînes de la TNT, l’homme d’affaires a atteint son objectif prioritaire: faire triompher le projet de scission. Alors que sa décision était attendue pour début 2014, le conseil de surveillance a validé mardi le plan mis à l'étude le 11 septembre, avec d’un côté une société recentrée sur les activités dans les médias (Canal+, Universal, GVT) et de l’autre une mise en Bourse de l’opérateur télécoms SFR.
«Au vu des analyses réalisées, ce projet prendrait la forme d’une distribution d’actions de SFR aux actionnaires de Vivendi au jour de l’opération. Ce projet leur donnerait l’opportunité d’être investi dans deux véhicules cotés en bourse, bien différenciés et évalués selon les normes propres à leur métier», souligne Vivendi dans un communiqué. Un dispositif qui vise en définitive à supprimer la décote de holding dont souffre Vivendi. En septembre, les analystes d’Exane BNP Paribas valorisaient les activités médias environ 17 milliards d’euros et SFR autour de 10 milliards. Au cours de clôture de mardi soir, Vivendi affichait une capitalisation boursière de 24,89 milliards d’euros.
Un autre élément déterminant pour l’avenir de Vivendi est sa gouvernance. Propulsé à la vice-présidence du conseil de surveillance en septembre, Vincent Bolloré renforce encore un peu plus son assise. Sa nomination au poste de président sera proposée lors de la prochaine assemblée générale, fin juin 2014, en remplacement de Jean-René Fourtou. Ce dernier, dont le mandat arrivait à expiration en 2016, a perdu son bras de fer. Sa tentative d’installer Thomas Rabe (patron de Bertelsmann) à la présidence du directoire s’est soldée par un cuisant échec après le blocage de Vincent Bolloré.
Comme anticipé, la direction générale de ce Vivendi tourné vers les médias et les contenus reviendra à Arnaud de Puyfontaine, qui pourra développer quelques projets d’acquisition grâce à la cession de parts dans Maroc Telecom et Activision Blizzard. Ex-éditeur du Figaro, il est aujourd’hui vice-président exécutif de l’américain Hearst Magazines International. Jean-François Dubos continuera de présider le directoire de Vivendi jusqu'à la réalisation du projet de scission et comptera à ses côtés Jean-Yves Charlier, PDG de SFR, et Arnaud de Puyfontaine.
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