Vestar remporte la course au rachat du cabinet de conseil en vote ISS
Poids lourd des cabinets de conseil en vote, loin devant des rivaux tels que Glass, Lewis & Co ou Broadridge, Institutional Shareholder Services (ISS) change de mains pour la troisième fois en sept ans. Depuis 2010 dans le giron de MSCI, fournisseur d’outils d’aide à la prise de décision d’investissement, qui en avait hérité à l’occasion du rachat de RiskMetrics, ISS va rejoindre le fonds Vestar Capital Partners. Ce dernier, qui a notamment participé à l’acquisition de Del Monte Foods en 2011, a signé un accord définitif impliquant le versement en numéraire de 364 millions de dollars (262 millions d’euros environ). Le processus de cession, dont Morgan Stanley a eu la charge, doit être finalisé au cours du deuxième trimestre.
ISS offre aux investisseurs un ensemble intégré de services, couvrant la création d’une politique de vote, la recherche (concernant 5.700 entreprises aux Etats-Unis et plus de 33.000 à l'étranger), les recommandations et l’exécution des votes, ainsi que les outils de reporting et d’analyse. Dans le même temps, ISS assiste les entreprises afin d’améliorer leurs pratiques dans des domaines tels que la rémunération des dirigeants, l’identification des risques liés à la gouvernance, la structure de capital ou encore les tendances de vote. Les revenus rattachés à la gouvernance au sein de MSCI ont décliné de 0,7% l’an dernier (à 122,3 millions de dollars), sous l’effet d’une perte d’activité liée à la cession de CFRA.
Pour Vestar, qui compte dans son portefeuille le réassureur Wilton Re, ISS offre de belles perspectives grâce à sa position dans l’industrie et à son équipe de direction. Une fois le rachat bouclé, le cabinet continuera d’ailleurs à exercer de manière indépendante et le management restera en place. Mais le fonds new-yorkais reprend ISS à un moment où les régulateurs redoublent d’intérêt pour les cabinets de conseil en vote. Si la SEC tarde à formuler ses règles, elle a souligné lors d’une table ronde en décembre dernier les risques de conflit d’intérêts.
De ce côté-ci de l’Atlantique, l’Autorité européenne des marchés (Esma) a décidé de responsabiliser l’industrie en lui demandant d'élaborer un code de conduite. Elle fera un point sur sa mise en œuvre début 2016. Ses lignes directrices ont été détaillées dans un recueil des meilleures pratiques, rédigé par six cabinets de conseil et publié début mars.
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