Verizon se rue sur la dette bon marché en Europe
Verizon avait renoncé en septembre dernier à faire appel au marché européen de la dette. L’effervescence qui y règne depuis le début de l’année l’a fait changer d’avis. Profitant d’une accalmie après les récents chahuts liés aux pays émergents, l’opérateur de télécoms américain est en train de placer pour 4 milliards d’équivalents euros. Une émission destinée à compléter le financement des 130 milliards de dollars déboursés pour racheter la part de Vodafone au capital de Verizon Wireless.
Le groupe américain avait déjà électrisé le marché de la dette en dollars l’an dernier en émettant d’un coup 49 milliards de dollars, un montant record, quasiment trois fois plus élevé que le précédent record de 17 milliards détenu par Apple.
Dirigée par Credit Suisse, Deutsche Bank, RBS et Santander, l’émission en Europe se décompose en trois tranches, les deux premières en euros, la dernière en sterling. Avec une maturité de 8 ans, la plus grosse tranche en euros porte sur 1,75 milliard. La deuxième en euros, plus longue de 4 ans, vise un montant de 1,25 milliard. Enfin, la part en sterling s’élève à 850 millions de livres avec une maturité de 20 ans.
«Les prix indicatifs paraissent généreux mais ils ne le sont pas autant que lors de l’émission en dollars l’an dernier, preuve que Verizon se concentre plus sur les spreads que sur la taille de l’opération», indique à Reuters un banquier impliqué dans l’émission. Les tranches en euros, offertes à des primes de 105 et 135 points de base selon la maturité, ont ainsi été resserrées à 88 et 118 pb. Celle en sterling, offerte à 165 pb au-dessus des taux britanniques d’échéance 2032 (4,25%), a trouvé preneur à 145 pb. L’émission en dollars de l’an dernier accordait des primes comprises entre 178 et 225 pb.
Verizon n’est pas le seul à profiter d’un coût de la dette tombé à des niveaux historiquement bas en Europe par rapport aux Etats-Unis. Selon BoA Merrill Lynch, le rendement moyen en Europe est inférieur de 1,22% à celui constaté outre-Atlantique, 18 pb de moins que le précédent record de 2008.
Le groupe de matières premières agricoles Cargill a ainsi émis 500 millions d’euros d’échéance 2023, sa première émission depuis 2012. Le britannique Urenco s’est également présenté sur le marché de la dette en euros cette semaine.
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