Veolia vend l’eau régulée au Royaume-Uni au prix fort

La cession a été réalisée 30% au-dessus de la base d’actifs régulés, alors que le marché anticipait une prime de l’ordre de 20%
Bruno de Roulhac

Enfin une bonne nouvelle pour Veolia Environnement. Empêtré dans le dossier Transdev, le groupe de services aux collectivités vient de céder ses activités d’eau régulée au Royaume-Uni pour une valeur d’entreprise de 1,24 milliard de livres (1,54 milliard d’euros). Une étape majeure dans son programme de cessions d’actifs de cinq milliards d’euros avant la fin 2013.

Alors que des sources de marché avaient évoqué au début du mois le désistement du consortium formé par le fonds britannique Icon Infrastructure et le fonds de retraite canadien PSP Investissements, c’est Rift Acquisitions, le véhicule britannique formé par Infracapital Partners (Prudential) et Morgan Stanley Infrastructure Partners, qui a remporté l’appel d’offres.

Le prix payé représente une prime de 30% par rapport aux 948 millions de livres de la base d’actifs régulés fin mars 2012. «Une très bonne valorisation. Nous pensions que le marché attendait une prime de près de 20%», note Bryan Garnier. «Nous avons toujours considéré la vente de l’eau au Royaume-Uni comme la plus facile à réaliser mais le timing et le prix dépassent néanmoins nos attentes de quelques mois et d’environ 150 millions d’euros (près de 0,30 euro par action)», estime Citigroup. Veolia conservera néanmoins un intérêt de 10% dans l’activité d’eau régulée en Grande-Bretagne pour au moins cinq ans.

Grâce à cette opération, Veolia réduira de 1,45 milliard d’euros sa dette nette, qui se montait à 15 milliards fin mars 2012. Parallèlement, il perdra 122 millions d’euros de capacité d’autofinancement opérationnelle (3,9% de celle dégagée en 2011 par l’ensemble du groupe) et 86 millions de résultat opérationnel récurrent (5,1% de l’ensemble).

Cette première étape «devrait donner du crédit au management pour le reste de la restructuration à mener», poursuit Bryan Garnier. Pour l’heure, le marché l’a saluée par une hausse de 1,13% de l’action à 10,31 euros, après avoir rebondi de près de 4% en début de séance. L’autre pan majeur du plan de désinvestissement, la cession des déchets solides aux Etats-Unis est attendue cet été par le marché.

En outre, «la valeur de la transaction montre un fort appétit pour cet actif et pourrait relancer le thème des fusions-acquisitions sur les spécialistes de l’eau au Royaume-Uni», ajoute Bryan Garnier, recommandant l’achat sur Pennon Group.

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