Veolia se rapproche des critères de S&P pour conserver sa notation
Pour sa première émission de dette hybride, Veolia Environnement a passé le test avec succès. Le groupe de services à l’environnement (eau, déchets…) a émis pour un peu moins de 1,5 milliard d’euros de titres super subordonnés à durée indéterminée, en deux tranches remboursables à partir d’avril 2018: la première, d’un milliard d’euros, à 4,5%; la seconde, de 400 millions de livres sterling, à 4,875%. Selon le groupe, la demande a atteint plus de 9 milliards d’euros. Le placement était coordonné par Deutsche Bank et la Société Générale, avec Bank of America Merrill Lynch, HSBC et Morgan Stanley comme co-teneurs de livres.
«A environ deux fois le CDS 10 ans, le spread de l’émission semble en ligne avec le secteur», estiment les analystes crédit de Natixis. Le rendement moyen de l’émission (4,6%) est supérieur de 260 points de base aux autres obligations à 5 ans de Veolia, très légèrement au-dessus du spread moyen pour ce genre d’opération (253 pb). Mais il reste inférieur au coût moyen de la dette du groupe (5,03% au premier semestre 2012), note Morgan Stanley.
«Cette opération permet de renforcer la structure financière du groupe et d’accompagner sa transformation tout en confortant ses ratios de crédit», indique Veolia. Les agences de notation considèrent en effet que la moitié du montant émis viendra en réduction de la dette. Cette émission sera également considérée comme des fonds propres dans les comptes consolidés IFRS. «Les objectifs de réduction de dette communiqués lors du dernier Investor Day du 6 décembre 2011 seront donc ajustés», précise le groupe. Il s’était engagé à faire passer sa dette nette sous les 12 milliards d’euros fin 2013, contre 15 milliards fin 2011, soit environ 3 fois son Ebitda.
«Toutes choses égales par ailleurs, sur la base de la composante fonds propres de 50% estimée par S&P, le ratio cash-flow opérationnel sur dette nette ajustée passerait grâce à cette émission de 17,9% à 18,9% en 2013 et de 19,6% à 20,6% en 2014, soit des niveaux compatibles avec celui (20% environ) attendu par S&P pour la conservation de la notation BBB+ en perspective négative depuis novembre dernier», estiment les analystes crédit de Natixis.
Toutefois, selon Morgan Stanley, le ratio pour 2013 ne sera que de 16,9%, ce qui nécessiterait d’autres mesures d’économies voire le paiement du dividende en actions pour atteindre l’objectif fixé par S&P.
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