Veolia fait sa révolution culturelle pour accélérer son plan d'économies
C’est une véritable révolution culturelle qu’Antoine Frérot est en train d’insuffler chez Veolia Environnement. Finie, l’organisation par métier, eau, propreté, énergie. Le PDG du numéro un mondial des services à l’environnement veut la remplacer par des structures géographiques centralisées par pays.
Cette «nouvelle organisation permettra au groupe d'être à la fois plus proche de ses clients, tant locaux que globaux, d'être plus simple, plus manœuvrant et enfin plus performant», estime Antoine Frérot, qui a déjà présenté le projet à ses principaux cadres ces dernières semaines. Il sera piloté par François Bertreau, directeur général adjoint en charge des opérations qui avait été débauché l’an dernier de chez Norbert Dentressangle.
Cette organisation marque une profonde rupture pour un groupe constitué à coups d’acquisitions et encore composé d’une myriade de PME indépendantes. Elle doit permettre de supprimer des strates de direction, conformément à l’engagement affirmé fin 2011 par le PDG de Veolia lors du lancement du plan de transformation de la société.
Ainsi décloisonné, ce qui limitera aussi les fréquentes querelles de «baronnies» au sein du groupe, Veolia pourra répondre d’une seule voix aux besoins des industriels ou des collectivités locales. La mutualisation de certaines fonctions permettra aussi d’accroître les économies.
Les premiers effets positifs se feront sentir en 2014 avec 180 millions d’euros d’économies en plus des 220 millions déjà programmés, nettes des coûts de mise en œuvre. L’année suivante, le montant total des réductions de coûts atteindra 750 millions d’euros contre 470 millions budgétés initialement. Ces 280 millions d’euros d’économies supplémentaires se répartissent entre 70 millions d’euros au titre des efforts de mutualisation, 100 millions sur les achats et 110 millions à travers «des projets d’efficacité dans les métiers et les sièges». Sur la base des résultats annuels 2012, les économies annoncées pour 2015 représentent 20% des charges commerciales, générales et administratives de Veolia.
Ces changements culturels et d’organisation visent à relancer les marges du groupe. Au premier trimestre 2013, la marge opérationnelle est restée bloquée juste au-dessus de 5%, alors qu’elle dépassait les 6% il y a quelques années.
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