Veolia et la CDC sont proches de déboucler leur fiasco financier dans les transports

La CDC va augmenter son contrôle sur Veolia Transdev, aujourd’hui détenue à parité. La valeur de la société a fondu de 75% en moins de deux ans
Olivier Pinaud
CDC
 -  Photo: PHB/Agefi

Veolia Environnement commence à voir le bout du tunnel sur le coûteux dossier de sa filiale de transport public Veolia Transdev, détenue à parité avec la Caisse des dépôts.

Après des mois de discussions, les deux partenaires sont proches d’un accord, selon Le Figaro et Les Echos. Celui-ci doit permettre à la CDC de monter à 60% du capital, grâce à une conversion de créances en capital. La part de Veolia tomberait ainsi à 40%, contre 49,99% actuellement.

La création de VTD en février 2011 avait permis à Veolia de consolider en intégration proportionnelle la moitié des actifs et passifs de la filiale commune. Le refinancement du nouvel ensemble avait également permis d’alléger le montant de sa dette de 550 millions d’euros. Le nouvel accord devrait permettre d’aller plus loin dans son désendettement.

Fin 2011, le montant des prêts et avances encore détenus par Veolia sur VTD s’élevait à 902 millions d’euros. A terme, ces créances pourraient être remboursées à l’actionnaire grâce aux produits espérés des différentes cessions d’actifs envisagées par VTD.

La signature de cet accord mettrait fin à un dossier extrêmement douloureux financièrement pour les actionnaires de VTD. Les actifs respectifs apportés en mars 2011 par Veolia et la CDC pour constituer le premier opérateur mondial de transport public avaient été valorisés un peu plus de 1,3 milliard d’euros, répartis à parité (691 millions chacun).

Depuis, la valeur nette de la part détenue par Veolia a été réduite à 167 millions d’euros, après une nouvelle dépréciation de 83 millions d’euros au premier semestre 2012, soit une perte de valeur de 75%.

A la recherche de partenaires afin de financer la relance de l’activité de leur filiale commune, les deux associés ont finalement dû renoncer. Après le rejet cet été de l’offre du fonds d’infrastructures Cube, en raison d’une valeur des fonds propres jugée insuffisante à 350 millions d’euros, les discussions avec Predica ont également échoué.

La question du financement de VTD se posera inévitablement compte tenu de ses besoins en capitaux. Au premier semestre 2012, la filiale a dégagé un produit d’activité ordinaire de 1,96 milliard d’euros, avec un résultat opérationnel de 5,1 millions d’euros et une capacité d’autofinancement opérationnelle de 89 millions d’euros.

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