Veolia et la CDC sont proches de déboucler leur fiasco financier dans les transports
Veolia Environnement commence à voir le bout du tunnel sur le coûteux dossier de sa filiale de transport public Veolia Transdev, détenue à parité avec la Caisse des dépôts.
Après des mois de discussions, les deux partenaires sont proches d’un accord, selon Le Figaro et Les Echos. Celui-ci doit permettre à la CDC de monter à 60% du capital, grâce à une conversion de créances en capital. La part de Veolia tomberait ainsi à 40%, contre 49,99% actuellement.
La création de VTD en février 2011 avait permis à Veolia de consolider en intégration proportionnelle la moitié des actifs et passifs de la filiale commune. Le refinancement du nouvel ensemble avait également permis d’alléger le montant de sa dette de 550 millions d’euros. Le nouvel accord devrait permettre d’aller plus loin dans son désendettement.
Fin 2011, le montant des prêts et avances encore détenus par Veolia sur VTD s’élevait à 902 millions d’euros. A terme, ces créances pourraient être remboursées à l’actionnaire grâce aux produits espérés des différentes cessions d’actifs envisagées par VTD.
La signature de cet accord mettrait fin à un dossier extrêmement douloureux financièrement pour les actionnaires de VTD. Les actifs respectifs apportés en mars 2011 par Veolia et la CDC pour constituer le premier opérateur mondial de transport public avaient été valorisés un peu plus de 1,3 milliard d’euros, répartis à parité (691 millions chacun).
Depuis, la valeur nette de la part détenue par Veolia a été réduite à 167 millions d’euros, après une nouvelle dépréciation de 83 millions d’euros au premier semestre 2012, soit une perte de valeur de 75%.
A la recherche de partenaires afin de financer la relance de l’activité de leur filiale commune, les deux associés ont finalement dû renoncer. Après le rejet cet été de l’offre du fonds d’infrastructures Cube, en raison d’une valeur des fonds propres jugée insuffisante à 350 millions d’euros, les discussions avec Predica ont également échoué.
La question du financement de VTD se posera inévitablement compte tenu de ses besoins en capitaux. Au premier semestre 2012, la filiale a dégagé un produit d’activité ordinaire de 1,96 milliard d’euros, avec un résultat opérationnel de 5,1 millions d’euros et une capacité d’autofinancement opérationnelle de 89 millions d’euros.
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Paris - Pendant que le débat enfle sur l’opportunité de taxer les «superprofits» pétroliers liés à la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies prévient les politiques: en cas de taxes, il ne pourra «pas maintenir» son plafonnement du prix des carburants dans ses station-service françaises. Le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné, connu pour ses paroles directes, a fait cet avertissement mardi dans une interview donnée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées. «En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement [des prix] dans nos stations en France», a indiqué le patron, accusé par la gauche de profiter de la guerre. «TotalEnergies ne va pas non plus s’excuser de performer et de réussir dans son domaine (...) Il n’y a aucune honte, cela signifie que l’entreprise fonctionne bien», a souligné le dirigeant. Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la flambée du prix des hydrocarbures dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier «redistribuer» cet argent comme il l’entend. Le groupe a annoncé jeudi, au lendemain de ses résultats trimestriels, qu’il maintenait «le niveau des plafonnements en vigueur depuis le 8 avril (essence à 1,99 euro/L et gazole à 2,25 euros/L) (...) pour le mois de mai» dans ses 3.300 station-services, une initiative qu’il poursuivra «tant que la crise au Moyen-Orient durera». En place depuis février 2023, pour atténuer les prix élevés à la pompe en pleine crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, cette initiative leur avaient coûté «entre 400 et 500 millions de dollars» cette année-là. Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi encouragé TotalEnergies à un plafonnement encore plus «généreux» des prix à la pompe», selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche. «Est-ce qu’on demande à Total d’en faire plus? Oui», a déclaré mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement, tout en s’insurgeant contre «des mensonges et des contrevérités» qui circulent sur le groupe. «Total paye déjà des impôts», à hauteur de «2 milliards d’euros de prélèvements obligatoires» en France, a indiqué M. Lecornu, rappelant aussi que La France était le «seul» pays où TotalEnergies plafonnait ses prix. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avait quant à lui affirmé lundi que s’il fallait taxer les «surprofits» des groupes énergétiques, cette mesure devrait être ciblée et «temporaire». «Pas de pénurie» cet été TotalEnergies a annoncé le 29 avril de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d’euros), soit une hausse de 51% sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025. En conséquence, le PDG a précisé qu’il était «fort probable» que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les grandes entreprises, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre. Cette contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l’année 2026, s’applique aux entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros. Mais le groupe, qui empoche l’essentiel de ses bénéfices à l’international, n’y était pas soumis au titre de l’année 2025 car son activité de raffinage était déficitaire en France. Le PDG est aussi revenu sur ses propos très commentés de fin avril, y compris par Emmanuel Macron, sur une «ère de pénurie énergétique» si le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran durait encore «deux ou trois mois». «Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner», a-t-il rectifié, interrogé sur une éventuelle crise d’approvisionnement estivale. «Il n’y aura pas de pénurie, mais cela aura un coût plus élevé», puisque «nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher», a-t-il tempéré. Selon le PDG, la consommation de carburants a reculé de 15% en France au mois d’avril. Nathalie ALONSO © Agence France-Presse -
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