Veolia et EDF sont tout près de signer la paix sur Dalkia
Après des mois de lutte intense, les deux groupes sont sur le point de conclure un accord pour le contrôle du capital de leur filiale commune, a appris L’Agefi.
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Olivier Pinaud
Le conflit autour de Dalkia est sur le point d’être réglé entre Veolia Environnement et EDF. Après des mois de lutte acharnée pour le contrôle du capital de leur filiale commune de services à l’énergie, les deux groupes sont tout près de conclure un accord, a appris L’Agefi de sources concordantes. Le conseil d’administration de Veolia prévu lundi sera informé par Antoine Frérot, son président, de l’avancée des discussions avec EDF. Le conseil du producteur d’électricité sera convoqué dans la foulée.
L’accord entrevu porte sur la répartition des actifs de Dalkia. Selon le schéma envisagé, Veolia garderait les filiales étrangères de la société spécialisée dans les réseaux de chauffage collectif tandis qu’EDF reprendrait la division française. Une répartition qui reflèterait mieux les intérêts actuels des deux groupes, différents de ceux qui prévalaient en 2000 lors de la constitution de Dalkia. Avec la branche internationale, Veolia appuierait sa volonté de développement à l’étranger, notamment en Europe centrale, tandis qu’EDF se renforcerait sur la France, son premier marché. Le schéma présente aussi l’avantage de ne pas nécessiter une importante sortie de cash.
Veolia détient actuellement 66% de Dalkia Holding, le solde étant entre les mains d’EDF. Ce holding contrôle 100% de Dalkia France et 75,9% de Dalkia International. L’électricien détient en direct 24,1% de Dalkia International. Une structure complexe qui gênait la gouvernance et le développement de Dalkia.
Ce Yalta entre Veolia et EDF mettrait fin à une «situation qui devenait totalement intenable», selon un proche du dossier. Une première tentative de rapprochement avait eu lieu début 2012 mais les négociations avaient été brutalement interrompues quelques mois plus tard lors de la tentative de putsch orchestrée par Henri Proglio pour installer Jean-Louis Borloo à la place d’Antoine Frérot. Les relations s’étaient violement dégradées au point de pousser EDF à assigner son associé devant le tribunal de commerce de Paris en octobre 2012. Le groupe dirigé par Henri Proglio estimait que Veolia ne respectait pas l’accord fondateur de Dalkia en 2000 qui prévoyait à terme un équilibre au capital. Veolia se défendait en rappelant qu’EDF n’avait pas jugé bon d’exercer l’option d’achat dont il disposait jusqu’en 2005.
Exacerbé par la lutte personnelle entre Antoine Frérot et Henri Proglio, ancien président de Veolia, ce litige a failli assécher les sources de financement de Dalkia. Après l’intervention d’un mandataire ad hoc, les deux actionnaires se sont finalement entendus en février 2013 sur la mise en place d’un financement mieux partagé. Selon son rapport annuel, Dalkia a dégagé 7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2012, dont 3,6 milliards à l'étranger, avec un résultat opérationnel de 272 millions d’euros.
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