Veolia cherche à conforter sa notation de crédit avec une dette hybride
Veolia Environnement ne chôme pas dans la gestion de sa dette. Après avoir lancé en fin d’année dernière deux opérations de rachats de lignes obligataires en euros et en dollars, le groupe de services à l’environnement (distribution d’eau, traitement des déchets…) prévoit d’émettre pour la première fois des titres de dette hybride subordonnée, en euros et en livres. Deux présentations financières sont planifiées pour détailler l’opération aux investisseurs, la première aujourd’hui à Paris et la seconde demain à Londres. Le placement est coordonné par Deutsche Bank et Société Générale, avec Bank of America Merrill Lynch, HSBC et Morgan Stanley comme co-teneurs de livres. La taille et les modalités de l’opération dépendront des conditions de marché.
En se présentant si tôt dans l’année auprès des investisseurs, Veolia Environnement peut espérer pouvoir profiter de la dynamique du marché de la dette sur la lancée de 2012. Et renforcer ainsi dans des conditions favorables ses fonds propres. Le caractère mixte des titres de dettes hybrides leur permet en effet d'être considérés en partie comme des capitaux propres par les agences de notation. S&P et Moody’s ont indiqué vendredi que la moitié du produit de l’émission serait comptabilisée en fonds propres, selon leur méthodologie habituelle.
Cette émission permettra au groupe de services à l’environnement de consolider son profil financier et sa notation auprès des agences alors que l’année 2013 s’annonce compliquée en raison de la faiblesse de la croissance en France et en Europe. En octobre, S&P a adopté une perspective «négative» sur la note BBB+ du groupe en raison d’une dégradation de l’environnement économique.
Compte tenu de la situation de trésorerie de Veolia, une sortie du groupe de la catégorie «investissement» serait financièrement peu coûteuse, estimaient récemment les analystes de Morgan Stanley. En revanche, elle pourrait contraindre Veolia à réduire un peu plus ses investissements, ce qui serait néfaste pour la croissance future des résultats. Elle pourrait aussi peser dans les négociations de longs contrats avec les donneurs d’ordres.
En levant une dette hybride, Veolia imiterait son concurrent Suez Environnement qui avait émis par cette voie 750 millions d’euros en septembre 2010. Toujours dans le secteur des «utilities», le produit a également été récemment employé par l’allemand EnBW.
Plus d'articles du même thème
-
«Les interventions du Trésor américain pénalisent le dollar face aux autres devises»
Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM. -
La livre retrouve espoir
Retrouvez la chronique heddomadaire de Defthedge sur le marché des changes. -
La nouvelle génération de philanthropes fait de l’impact une priorité
Plus structurée, la philanthropie séduit une nouvelle génération en quête d’impact mesurable, révèle une étude de Lombard Odier.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
SérieMoi, Christian de Perthuis, président : « Ce quinquennat sera celui de la sortie du backlash climatique »
A la demande de l'Opinion, l'économiste du climat s'est glissé dans les habits du locataire de l'Elysée. Il propose deux deux instruments pour sortir du backlash climatique -
Yémen : les houthistes s'emparent de tout le littoral de la mer Rouge
Les rebelles houthistes ont gagné un accès au stratégique détroit de Bab El-Mandeb, en s’emparant de ses dernières îles. « La navigation est sûre pour toutes les compagnies, à l’exception des navires saoudiens, qui ont déjà été interdits d’accès », a indiqué un porte-parole militaire du mouvement -
Choc d'offresFiscalité sur les transmissions : le grand chamboulement proposé par les notaires
Faire de la fiscalité un levier économique. C'est l'idée forte qui sera défendue par les notaires de France lors de leur prochain congrès début octobre