Vector ne soutient pas le nouveau plan stratégique de Technicolor
La présentation hier du nouveau plan stratégique de Technicolor, «Drive 2020», qui prend sans rupture majeure la succession d’«Amplify 2015», n’a pas réchauffé l’ambiance au sein du conseil d’administration du groupe de technologies audiovisuelles. Les deux administrateurs de Vector, le premier actionnaire de Technicolor avec 12,69% du capital, se sont abstenus lors du vote du plan. Pas de quoi empêcher la mise en œuvre de «Drive 2020», sur lequel Frédéric Rose, le directeur général, et ses équipes planchent depuis septembre dernier, mais une nouvelle illustration des divergences au sommet de l’entreprise.
«Si Technicolor n’avait pas amélioré ses résultats (128 millions d’euros de bénéfice net), s’il n’avait pas repris le versement du dividende comme cette année (0,05 euro), une première depuis 2006, s’il ne générait pas de cash (230 millions), il faudrait changer. Mais tous ces indicateurs montrent que notre modèle économique fonctionne», plaide Frédéric Rose. «Avec environ 13% du capital, on peut exposer sa position mais en aucun cas l’imposer», insiste le directeur général, persuadé avec les autres membres du conseil d’administration que la proposition de Vector de scinder Technicolor «ne peut pas constituer un projet d’entreprise». Selon lui, la division de brevets, sur laquelle Vector souhaiterait concentrer le groupe à l’image des patent trolls américains, se nourrit des activités opérationnelles dans les décodeurs ou les solutions vidéos, et inversement. Au contraire, pour le fonds d’investissement américain, une scission permettrait d’optimiser la valeur des différents métiers.
Le dialogue de sourds entre les deux parties risque donc de durer encore quelques mois, le temps pour la justice de trancher les procédures croisées lancées par les deux camps. Avant cela, Frédéric Rose et le conseil d’administration sont bien décidés à aller de l’avant. La date de l’assemblée générale 2015 a été avancée au 9 avril au lieu du 21 mai, initialement programmé. «Tout est fait pour limiter la réflexion des actionnaires sur la solution alternative au projet de la direction», lance un proche de Vector. Cette AG est loin d’être anecdotique pour le fonds. Les mandats d’Alexander Slusky et de David Fishman, les deux représentants de Vector au conseil d’administration, arrivent justement à échéance à l’AG 2015.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE suit la boussole des marchés
La banque centrale joue la montre avant une très probable hausse de taux en septembre, le temps d’avoir les données pour la justifier. Le Conseil des gouverneurs donne cependant l’impression de se satisfaire de voir les marchés anticiper, voire guider ses décisions. Malgré des taux à 10 ans au plus haut depuis longtemps. -
La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
La banque d’affaires cotée à New York a vu son bénéfice fondre de 90% au deuxième trimestre, sous l'effet d'un taux d'impôt exceptionnellement élevé et de charges liées au rachat en cours de Campbell Lutyens. -
Les banques soutiennent le plan de Daniel Kretinsky pour Casino
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Le rapport de la Commission sur la compétitivité bancaire peine à convaincre
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Dassault Systèmes voudrait racheter l'américain ArisGlobal pour 2 milliards de dollars
Contenu de nos partenaires
-
Fin de sessionLFI : à l'Assemblée, la stratégie de la terre brûlée
A mesure que le RN s'associe au gouvernement, LFI se construit en adversaire résolu. Dans l'hémicycle, chaque défaite est pensée comme une victoire politique au service de la campagne de Jean-Luc Mélenchon -
EditorialMeurtre à Crépol : regarder en face le « racisme anti-blanc »
Il ne faut pas se laisser piéger par les communautaristes patentés qui prônent une hiérarchie dans la haine raciale, ni par la clique sociologisante qui réfute ce racisme appliqué aux Blancs au prétexte qu'il ne relèverait pas d'une oppression systémique -
Ça va piquerFranchises médicales : les gros consommateurs passent à la caisse
Sébastien Lecornu s’attaque au terrain très sensible du reste à charge des Français, un an après l’échec de son prédécesseur à faire adopter une mesure similaire