Vector défend son projet de scission de Technicolor
Le fonds réclame l’ouverture d’une revue stratégique. Porté devant la justice, le désaccord avec le groupe porte aussi sur la gouvernance et l’AG 2014.
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Olivier Pinaud
Vector Capital ne renonce pas. Dix jours après avoir été assigné par Technicolor devant le tribunal de commerce afin d’obtenir la résiliation de leur accord de gouvernance, le premier actionnaire du groupe de technologies demande l’ouverture d’une revue stratégique. Avec un objectif : étudier une scission.
«Nous pensons que les différentes activités se porteraient mieux si elles étaient logées dans des entités séparées et gérées par des hommes connaissant bien leurs spécificités», a expliqué aux Echos Alex Slusky, le directeur général de Vector. Le fonds détient 12,69% de Technicolor. «Si la direction accepte une telle revue stratégique, nous sommes prêts à nous engager juridiquement à ne pas céder le moindre titre pendant toute la durée de ce travail», a ajouté l’investisseur qui détient deux sièges au conseil d’administration sur un total de dix.
Réclamée depuis des mois par Vector, cette scission, le conseil d’administration et la direction de Technicolor ne veulent plus en entendre parler. Selon eux, l’audit confié l’an dernier au BCG a conforté la stratégie intégrée, entre activités industrielles et gestion du portefeuille de brevets. Pour mettre fin à cet activisme qu’il juge improductif, le conseil d’administration a donc décidé de confier le dossier au tribunal de commerce, avec l’appui de l’avocat Sébastien Prat. L’assignation est soutenue par Bpifrance, le second actionnaire de Technicolor, avec 8,3% du capital, a appris L’Agefi.
Palpable, la tension s’est cristallisée autour de Didier Lombard, le président du conseil d’administration. Technicolor reproche à Vector d’avoir mené une «proxy fight» souterraine afin d’obtenir le rejet lors de l’AG 2014 d’une résolution repoussant à 75 ans l’âge limite du président. Ce changement des statuts a été voté mais à seulement 70% des voix, à quelques points de la majorité des deux tiers. Le fonds suspecte Technicolor d’avoir tenté de faire changer le vote de plusieurs actionnaires. Des mails auraient été saisis et placés sous séquestre par le tribunal, a appris L’Agefi. Vector n’exclut pas d’assigner Technicolor à son tour. Frédéric Peltier, l’avocat de Vector, n’a pas souhaité faire de commentaire.
Hier, l’action Technicolor a gagné 5,57%. «Quand Alex Slusky parle, cela ne produit pas le même effet que quand c’est Frédéric Rose», s’amusait un proche de Vector. L’annonce par le directeur général de Technicolor de l’assignation avait fait perdre 9% au titre.
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