Valeant ne cesse d’alimenter le mouvement de concentration dans la pharmacie
Au sein d’une industrie pharmaceutique mondiale marquée par de multiples opérations de rapprochements, Valeant fait assurément partie du camp des infatigables animateurs. Le groupe canadien en a fait la démonstration hier soir en faisant part du projet amical de rachat de son concurrent américain Medicis par le biais d’une offre en numéraire valorisant la cible à quelque 2,6 milliards de dollars. L’opération, approuvée à l’unanimité par les deux conseils d’administration selon le communiqué commun, pourrait être finalisée au premier semestre 2013 sous réserve de l’approbation des actionnaires. A raison de 44 dollars par action proposés par le prétendant, l’offre présente une prime de 39% sur le cours de clôture de Medicis vendredi dernier à New York.
Un niveau de prix pleinement assumé par le directeur général du plus important laboratoire canadien coté, Michael Pearson. En termes d’offre de produits, le dirigeant fait le choix stratégique d’un renforcement dans le segment de la dermatologie, moins soumis à la concurrence des génériques que d’autres segments et qui devrait représenter la moitié des ventes du nouvel ensemble. «La dermatologie est clairement notre plus importante activité. Nous allons travailler à la faire grandir» souligne-t-il en se félicitant des perspectives de développement aux Etats-Unis. Sur un plan financier, les deux groupes misent sur des synergies de coûts annuelles d’au moins 225 millions de dollars dans un délai de 6 mois seulement après la clôture de l’opération. Mais là encore, Michael Pearson se veut confiant en rappelant que le groupe fait régulièrement mieux que ses attentes initiales en la matière. De quoi potentiellement selon le dirigeant ramener le coût de l’opération à moins de 5 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de sa cible, contre un multiple voisin de 9 aujourd’hui.
Depuis l’arrivée de Michael Pearson à sa tête en 2008, Valeant a réalisé une cinquantaine d’acquisitions. L’intégration de Medicis constituerait la plus importante. L’an dernier, le canadien a échoué à racheter Cephalon, son offre de 5,7 milliards de dollars ayant fait l’objet d’une surenchère de la part de l’israélien Teva. Et Valeant n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. D’autres opérations de croissance externe pourraient être lancées cette année, d’envergure tout de même plus modeste, le patron évoquant des opportunités en Asie du Sud-Est.
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