United Technologies bouleverse l’industrie des hélicoptères

Le conglomérat va se séparer de sa division Sikorsky. Les repreneurs potentiels ne manquent pas mais la voie de la cession s’annonce fiscalement complexe.
Olivier Pinaud

Le secteur des hélicoptères, civils et militaires, s’apprête à connaître un bouleversement historique. Sikorsky, le premier fabricant d’appareils pour l’armée américaine, va quitter le giron du conglomérat United Technologies auquel il appartient depuis près de 90 ans. Gregory Hayes, le PDG du groupe l’a confirmé hier après plusieurs mois de réflexions.

Sikorsky est devenue la division la moins rentable d’United Technologies. En dix ans, le chiffre d’affaires du fabricant du Black Hawk a bien triplé, pour monter à 7,45 milliards de dollars en 2014, mais son résultat opérationnel n’a pas suivi, passant de seulement 200 à 219 millions de dollars. Sa marge bloque autour de 10%, bien loin des 25% dégagés par la division fabriquant des ascenseurs (Otis) ou des 15% des moteurs Pratt & Whitney.

La direction d’United Technologies décidera dans le courant du troisième trimestre si elle retient la voie de la scission ou celle de la vente pure et simple. Cette seconde option s’annonce compliquée, a déjà reconnu le groupe américain, en raison du coût fiscal que devrait supporter le repreneur. Celui-ci est estimé à environ 3 milliards de dollars, sur une valeur totale de Sikorsky estimée autour de 10 milliards. Pour faciliter une cession, United Technologies pourrait mettre en place un «reverse morris trust», schéma qui permettrait de réduire la charge fiscale en distribuant les actions Sikorsky à une filiale avant que celle-ci achète la société qui la convoite.

En cas de cession, United Technologies ne manquera pas de candidats. Airbus Group a déjà reconnu officiellement surveiller de près le dossier. Lockheed Martin et Boeing ont également fait part de leur intérêt pour Sikorsky. Bell Helicopter, filiale de Textron, serait également sur les rangs. En revanche, l’administrateur délégué du groupe industriel italien Finmeccanica a exclu tout intérêt pour le constructeur d’hélicoptères.

Sikorsky bénéficie de fortes parts de marché dans les appareils militaires. Il détient 65% des programmes du ministère de la Défense américain, devant les 25% de Boeing et les 10% de Bell. Airbus Group a moins de 1% du marché militaire américain. La reprise de Sikorsky correspondrait parfaitement à sa volonté de se renforcer aux Etats-Unis en équilibrant son portefeuille entre civil et militaire.

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