Unilever soigne ses actionnaires après l’échec Kraft Heinz
Unilever n’aura pas tardé. Six semaines après avoir annoncé une revue stratégique de ses activités, conséquence du furtif projet d’offre de Kraft Heinz, le groupe anglo-néerlandais en dévoile les conclusions. Il se fixe un cap : accélérer durablement la création de valeur actionnariale. De quoi répondre aux actionnaires qui auraient bien aimé profiter de l’OPA de Kraft Heinz. «Nous devons accélérer nos plans pour générer de la valeur plus rapidement», a reconnu Paul Polman, directeur général d’Unilever.
Le groupe d’agroalimentaire vise une marge opérationnelle de 20%, avant restructuration, d’ici 2020, contre 16,4% en 2016. Pour 2017, Unilever table sur une progression de 3 à 5% de ses ventes et sur une amélioration de sa marge opérationnelle d’au moins 80 points de base, soit 17,2%. La combinaison du pôle alimentaire et des rafraichissements (glaces et thés) en une seule entité «déverrouillera» la croissance et permettra d’accélérer la hausse des marges. Le groupe double son objectif d’économies sur trois ans de 1 à 2 milliards d’euros et relève de 3 à 4 milliards d’euros son programme de réduction de coûts sur la chaîne logistique. L’ensemble des coûts de restructuration s’élèvera à 3,5 milliards sur 2017-2019.
Unilever promet une gestion plus active de son portefeuille. Il prévoit de vendre ou de scinder sa division de pâtes à tartiner et margarine, qui suscite de nombreux intérêts, notamment de fonds d’investissement, a précisé le directeur financier d’Unilever. Natixis, qui valorise cette entité 7,5 milliards d’euros en valeur d’entreprise, soit 12 fois son Ebitda 2017, estime que sa vente sera dilutive de 6% sur le bénéfice par action. Désormais, Unilever mise sur un niveau de levier plus élevé, notamment pour financer des acquisitions, et vise un ratio dette nette sur Ebitda de deux fois. Et veut conserver une note d’au moins «A».
Aux actionnaires, Unilever promet un programme de rachat d’actions de 5 milliards d’euros cette année. Un plan «maigre» au regard de la cession des pâtes à tartiner, estime ABN Amro. Mais une opération relutive de 2 à 4% sur les résultats, souligne Goldman Sachs. Le groupe s’engage aussi sur une hausse de 12% du dividende, signe de sa confiance dans sa capacité à améliorer ses résultats.
Prochaine étape, le groupe veut simplifier sa double structure juridique, britannique et néerlandaise. Il compte finir cet examen et prendre les décisions appropriées d’ici la fin de l’année.
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