Une nouvelle crise de confiance frappe le secteur auto
Les constructeurs allemands ont continué à chuter en Bourse hier, sur fond d’accusation d’entente sur les prix. Ils ont pesé que le sous-indice automobile européen de l’Euro Stoxx 600, qui a perdu jusqu’à 2,75% hier et a touché son point bas de l’année. En cause : les révélations du magazine Der Spiegel vendredi sur une possible collusion des groupes BMW, Volkswagen et Daimler sur les prix des systèmes de traitement des émissions de moteurs diesel.
Au cours de «comités industriels», les constructeurs auraient discuté du choix de leurs équipementiers et des composants, explique l’hebdomadaire. Il cite une lettre envoyée par VW aux autorités allemandes de la concurrence le 4 juillet, dans laquelle le groupe de Wolfsburg admet l’éventualité d’un comportement anticoncurrentiel.
Les autorités européennes de la concurrence ont annoncé samedi enquêter sur l’éventualité d’une collusion. Le Bundeskartellamt, son équivalent allemand, a déclaré vendredi avoir perquisitionné les constructeurs l’année dernière au sujet de l’acier, mais n’a pas précisé s’il avait étendu son enquête à d’autres domaines. Le gouvernement d’Angela Merkel a exhorté les constructeurs à clarifier les faits.
Alors que ses homologues n’ont pas commenté cette information, BMW a démenti dimanche les accusations de manipulation d’émissions et a minimisé la portée des discussions lors des comités. Volkswagen a annoncé hier la réunion d’un conseil de surveillance extraordinaire ce mercredi, tandis que les représentants du personnel de Daimler se sont déclarés «à juste titre horrifiés et furieux» face aux allégations.
L’industrie automobile allemande n’avait pas besoin de cela, après le «Dieselgate» qui affecte depuis deux ans Volkswagen, coupable d’avoir instauré dans ses véhicules diesel un logiciel pour manipuler leurs émissions. Ce scandale a conduit à une remise en cause de la crédibilité des mesures des émissions par les organismes de certification en Europe.
Les analystes soulignent la difficulté à estimer les conséquences financières des révélations du Spiegel : l’enquête n’en est qu’à ses débuts et la frontière entre collaboration et collusion est floue. VW pourrait limiter la casse en coopérant avec les autorités, avance prudemment Kepler Cheuvreux. Quoi qu’il en soit, l’enquête vient ternir encore la réputation des constructeurs, alors que les véhicules diesel représentaient encore 49,9% des immatriculations européennes en 2016, selon l’ACEA.
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